Sourate 7 Al-Aʻrâf Verset 135 | Tafsir et traduction

coran-s7-v135

فَلَمّٰا كَشَفْنٰا عَنْهُمُ اَلرِّجْزَ إِلىٰ أَجَلٍ هُمْ بٰالِغُوهُ إِذٰا هُمْ يَنْكُثُونَ

Falammā Kashafnā `Anhumu Ar-Rijza ‘Ilá ‘Ajalin Hum Bālighūhu ‘Idhā Hum Yankuthūna

Traduction

[Mais] quand Nous eûmes écarté d’eux le courroux jusqu’à un terme [fixé] qu’ils devaient atteindre, voici qu’ils se parjurèrent.

Mais quand nous reportions le châtiment au terme fixé que ces infidèles devaient atteindre, ils violaient leurs engagements.

Et quand Nous eûmes éloigné d’eux le châtiment jusqu’au terme fixé qu’ils devaient atteindre, voilà qu’ils violèrent l’engagement.

[Mais] quand Nous écartions d’eux le châtiment, et ce jusqu’à un terme fixé qu’ils devaient atteindre, voilà qu’ils violaient leur engagement.

Lorsque nous avons écarté d’eux l’abomination jusqu’à un terme auquel ils devaient parvenir, voilà qu’ils rompent [leurs serments].

Récitation du verset

Le tafsir du verset 135 de la sourate Al-A’raf analyse la rupture systématique des pactes par les Égyptiens. Malgré la levée temporaire des épreuves grâce à Moïse, ce peuple obstiné violait constamment ses promesses solennelles, illustrant l’ingratitude humaine face à la clémence divine récurrente.

Sayed Ali Mousavi

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Tafsir du verset 135 de la sourate Al-A’raf

Le concept de « nakth » définit à l’origine l’acte de dénouer les brins d’une corde solidement tressée. Dans le contexte coranique, ce mot désigne l’attitude perfide consistant à violer délibérément ses engagements sacrés après leur conclusion.

Le terme « ajal » représente la durée spécifique déterminée par le prophète Moïse pour mettre un terme au fléau. Ce délai explicite démontrait clairement aux opposants que l’arrêt du supplice découlait d’un décret divin mesuré.

Cette période transitoire annonce aussi le moment inéluctable où Pharaon et les siens subiront leur châtiment final. Le sursis accordé n’était qu’une trêve temporaire avant que la justice divine ne les engloutisse définitivement.

L’alliance évoquée renvoie à la promesse divine d’exaucer Moïse ou à la dignité de sa mission prophétique (Tafsir Nemoneh). C’est en vertu de cette considération spirituelle que les impies sollicitaient son aide dans la détresse.

Message du verset

  • Les épreuves sévères et les difficultés quotidiennes brisent temporairement l’arrogance des tyrans les plus fiers. Face au danger immédiat, l’être humain oublie son orgueil et recherche spontanément le secours de son Créateur.
  • Les mécréants eux-mêmes constataient l’utilité de solliciter l’intercession des serviteurs privilégiés de Dieu. Ils espéraient ainsi que les prières des prophètes éloigneraient d’eux les fléaux dévastateurs envoyés en punition de leurs péchés.
  • Les Égyptiens reconnaissaient, malgré leur rébellion, que le Seigneur de Moïse possédait un pouvoir d’action réel. Leur demande d’invocation prouve qu’ils considéraient le Dieu de l’Islam comme le véritable maître de l’univers.
  • La prière constitue un rempart efficace pour repousser les calamités terrestres et solliciter la clémence divine. L’invocation adressée avec sincérité demeure le moyen par excellence d’obtenir le soulagement face aux pires tourments.
  • Briser les chaînes de l’oppression et libérer les peuples asservis figure parmi les objectifs majeurs des envoyés célestes. Moïse luttait activement pour soustraire la communauté des fils d’Israël à la tyrannie pharaonique.
  • La levée des punitions et l’apaisement du courroux divin relèvent uniquement de la souveraineté absolue de Dieu. Aucune puissance matérielle ne peut mettre un terme aux afflictions sans une décision explicite du Très-Haut.
  • L’expérience enseigne qu’il ne faut pas accorder une confiance aveugle aux engagements pris sous la contrainte. Une fois la tourmente passée, les individus retournent fréquemment à leurs mauvaises habitudes et à leur impiété.
  • L’insolence humaine et la rébellion s’accentuent généralement lorsque l’homme accède à l’aisance et à la richesse (Al-Alaq, 6-7). Dès que le bien-être revient, l’être ingrat s’estime indépendant et refuse d’obéir aux lois célestes.
  • Chaque événement, qu’il soit bénéfique ou douloureux, s’inscrit dans un calendrier précis établi par la sagesse divine. Les sursis accordés aux nations injustes répondent à une planification cosmique rigoureuse que nul ne perturbe.

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