Sourate 3 Âl ʻImrân Verset 92 | Tafsir du Coran et traduction

coran-s3-v92

   لَنْ تَنٰالُوا اَلْبِرَّ حَتّٰى تُنْفِقُوا مِمّٰا تُحِبُّونَ وَ مٰا تُنْفِقُوا مِنْ شَيْءٍ فَإِنَّ اَللّٰهَ بِهِ عَلِيمٌ   

Lan Tanālū Al-Birra Ĥattá Tunfiqū Mimmā Tuĥibbūna Wa Mā Tunfiqū Min Shay’in Fa’inna Allāha Bihi `Alīmun

Traduction

Vous n’atteindrez pas à la bonté pieuse (birr) avant de faire dépense [en aumône] sur ce que vous aimez, et quelque chose dont vous fassiez dépense [en aumône], Allah le connaît bien.

Vous n’atteindrez pas à la piété vraie, tant que vous ne donnerez pas en aumône ce que vous aimez. Quoi que vous donniez en aumône, Dieu le sait.

Vous n’atteindrez la (vraie) piété que si vous faites largesses de ce que vous chérissez. Tout ce dont vous faites largesses, Allah le sait certainement bien.

Vous ne parviendrez à la bonté pieuse qu’en dépensant [sur le chemin de DIEU] de ce que vous aimez. Et tout ce que vous dépensez, DIEU le sait.

Vous n’aurez la bonté que lorsque vous dépenserez de ce que vous aimez. Ce que vous dépensez, Dieu en est connaisseur.

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Le tafsir du verset 92 de la sourate Al-Imran explique que la véritable piété ne peut être atteinte que par le don sincère des biens que l’on chérit le plus. Ce verset montre comment le détachement des richesses matérielles purifie l’âme afin d’obtenir la récompense divine.

Tafsir du verset 92 de la sourate Al-Imran

Le terme arabe « birr » désigne un bienfait immense ou une terre fertile. Ce mot dérive d’une racine exprimant l’abondance dans le bien. Le Coran associe cette vertu à la foi et à l’action pieuse (Sourate Al-Baqarah, verset 177).

Les croyants doivent s’entraider dans l’accomplissement du bien (Sourate Al-Ma’idah, verset 2). Ce verset indique qu’il est impossible d’atteindre ce haut degré de piété sans dépenser pour autrui les biens que l’on chérit le plus sincèrement.

Abu Talha al-Ansari possédait le plus beau verger de dattes à Médine, situé face à la mosquée du Prophète Muhammad (s). Ce domaine réputé générait d’immenses revenus et contenait une source d’eau douce dont le Prophète Muhammad (s) aimait parfois s’abreuver.

À la révélation de ce verset, Abu Talha offrit immédiatement ce jardin à Dieu. Le Prophète Muhammad (s) loua cette noble transaction spirituelle mais lui conseilla de distribuer plutôt cette grande richesse à ses proches dans le besoin.

Des invités visitèrent Abu Dharr qui leur demanda d’immoler un chameau pour le repas. Ils choisirent une bête maigre pour préserver son avenir, mais celui-ci rappela que le jour de son besoin ultime reste la tombe (Tafsir Majma’ al-Bayan).

Lors de sa nuit de noces, un pauvre demanda un vêtement usé à Fatima Zahra (s). Se souvenant alors de ce verset, la fille du Prophète Muhammad (s) choisit de lui faire don de sa propre robe de mariée neuve.

Abdullah bin Ja’far vit un esclave nourrir un chien affamé avec l’intégralité de sa propre ration quotidienne. Interrogé sur ce geste généreux, l’esclave expliqua simplement que l’animal venait de loin et souffrait grandement de la faim.

Émerveillé par l’altruisme de cet homme, Abdullah bin Ja’far acheta immédiatement le verger ainsi que l’esclave. Il affranchit aussitôt ce travailleur et lui offrit la pleine propriété de la plantation (Tafsir al-Manar, vol. 3, p. 376).

Les traditions indiquent que soutenir matériellement ses parents avant même qu’ils n’expriment une demande constitue une voie d’accès majeure à cette piété, et ce, même si ces derniers ne manquent de rien (Al-Kafi, vol. 2, p. 157).

L’Imam al-Sadiq (a) rapporta que quiconque passe une année entière sans accorder une part de ses biens à la lignée prophétique sera privé du regard divin bienveillant au Jour dernier, à moins d’un pardon du Créateur (Tafsir al-Ayyashi, vol. 1, p. 182).

L’Imam (a) expliqua à Mofaddal que cette contribution financière représente un devoir religieux imposé aux croyants par ce verset. Il affirma ensuite que la noble famille du Prophète Muhammad (s) incarne elle-même l’essence de la piété et de la guidance.

Message du verset

  • L’unique voie pour atteindre le rang spirituel élevé des bienfaiteurs réside dans l’aumône sincère de ce que l’on chérit profondément, et non uniquement dans la récitation répétitive de simples formules d’invocations.
  • En Islam, l’aumône ne vise pas uniquement à éradiquer la pauvreté, mais cherche aussi l’évolution spirituelle du donateur. Se détacher des illusions terrestres et développer la générosité constituent les bienfaits majeurs de ce geste de piété.
  • L’attachement excessif aux richesses de ce monde éphémère constitue un obstacle majeur qui empêche l’être humain d’accéder au rang de la véritable bonté et d’obtenir ainsi la pleine satisfaction de son Créateur.
  • Le bonheur éternel et le salut spirituel d’un individu s’acquièrent principalement à travers son engagement social actif et sa vision bienveillante, matérialisés par l’acte concret de partager ses propres richesses matérielles.
  • La vie humaine représente le bien le plus précieux pour chaque personne. Ainsi, les martyrs qui offrent volontairement leur existence sur le sentier divin atteignent assurément le degré ultime de la vertu.
  • Il convient d’offrir ce que l’on apprécie personnellement, sans se baser sur les désirs modestes des nécessiteux. En effet, l’extrême pauvreté peut contraindre les indigents à se contenter de choses de faible valeur.
  • L’individu éduqué selon les principes divins ne subit jamais l’esclavage des biens matériels ni de la fortune accumulée. Au contraire, il domine ses richesses et les utilise avec sagesse pour accomplir le bien.
  • En matière de charité et d’aumône, la valeur spirituelle repose principalement sur la qualité et la valeur affective du don accordé, plutôt que sur la simple quantité brute des richesses distribuées.
  • La religion islamique se présente comme un modèle spirituel fondé sur l’amour sincère envers les humains plutôt que sur l’accumulation matérielle, enseignant ainsi de prioriser l’assistance fraternelle sur la possession des richesses.
  • L’aumône exige d’adopter une attitude modérée et équilibrée, excluant tout excès ou avarice. Le croyant sincère est invité à n’offrir qu’une juste partie de ses biens aimés, préservant sa propre subsistance quotidienne.
  • L’attachement aux possessions matérielles demeure naturel chez l’être humain. Cependant, le véritable danger réside dans l’obsession matérielle outrancière qui finit par paralyser la générosité et empêcher le don charitable (Sourate Al-Adiyat, verset 8).
  • L’essentiel réside dans le geste même du don, peu importe sa valeur marchande. De la même manière qu’une simple feuille morte flottante peut sauver des fourmis, une aumône minime soulage parfois de grandes détresses.
  • Puisque le Créateur observe et connaît parfaitement la nature de chaque don, le croyant ne doit pas restreindre sa générosité. Cette certitude spirituelle doit motiver l’offre des biens les plus qualitatifs.

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Le Chiisme - Seyed Ali Mousavi

✍️ Rédigé par :

Seyed Ali Mousavi ✦

Fort de plus de 16 ans d’études en sciences religieuses et de plus de 10 ans d’échanges avec la communauté francophone, je partage sur Lechiisme.com des connaissances, des réflexions et des repères pour mieux comprendre l’islam et le chiisme.
À travers une approche claire, accessible et bienveillante, j’invite chacun à approfondir sa réflexion et à avancer avec discernement sur son chemin spirituel.

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