Sourate 4 An-Nisâ’ Verset 148 | Tafsir et traduction

coran-s4-v148

لا يُحِبُّ اَللّٰهُ اَلْجَهْرَ بِالسُّوءِ مِنَ اَلْقَوْلِ إِلاّٰ مَنْ ظُلِمَ وَ كٰانَ اَللّٰهُ سَمِيعاً عَلِيماً 

Lā Yuĥibbu Allāhu Al-Jahra Bis-Sū’i Mina Al-Qawli ‘Illā Man Žulima Wa Kāna Allāhu Samī`āan `Alīmāan

Traduction

Allah n’aime point qu’on affiche le mal en paroles. [Il ne l’admet] que chez celui qui a été lésé. Allah est audient et omniscient.

Dieu n’aime pas que l’on divulgue des paroles méchantes, à moins qu’on n’en ait été victime. — Dieu est celui qui entend et qui sait —

Allah n’aime pas qu’on profère de mauvaises paroles sauf quand on a été injustement provoqué. Et Allah est Audient et Omniscient.

DIEU n’aime pas qu’on profère le mal [d’autrui], sauf quand on est victime d’une injustice [flagrante]. DIEU entend tout [et Il est] Omniscient.

Dieu n’aime pas la manifestation par de mauvaises paroles, sauf [de la part de] celui qui a été opprimé. Dieu est écouteur et connaisseur.

Récitation du verset

Le tafsir du verset 148 de la sourate An-Nisa explique que Dieu n’aime pas la divulgation publique du mal, sauf de la part de celui qui a subi une injustice. Ce verset évoque la permission exceptionnelle accordée aux opprimés de dénoncer leurs oppresseurs afin de réclamer justice.

Sayed Ali Mousavi

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Tafsir du verset 148 de la sourate An-Nisa

Ce verset autorise explicitement la victime d’une injustice à élever la voix pour réclamer justice. Cette permission rejoint d’autres enseignements coraniques garantissant qu’aucun blâme ne pèse sur l’opprimé qui cherche à se défendre après avoir subi un préjudice manifeste.

Le Coran interdit fermement la propagation des péchés et des turpitudes au sein de la communauté croyante. Divulguer les fautes d’autrui est considéré comme un péché majeur passible d’un châtiment douloureux, tant dans ce monde que dans l’au-delà.

L’expression désignant la personne lésée comporte plusieurs interprétations. La plus probable valide la plainte publique de la victime elle-même. Les autres suggèrent d’élever la voix pour défendre autrui ou pour secouer un opprimé qui accepte passivement son humiliation.

La réprobation concerne uniquement l’exposition publique des défauts. En revanche, signaler directement ses manquements à un croyant reste un devoir fraternel, conformément au hadith rappelant que le croyant est le miroir de son frère (Bihar al-Anwar, vol. 74, p. 233).

L’imam al-Sadiq (a) explique qu’accueillir indignement ses invités constitue une injustice. Dans ce cas précis, il n’y a aucun péché pour les convives à divulguer ce manque de respect (Wasa’il al-Shia, vol. 12, p. 289).

Message du verset

  • La règle fondamentale en éthique islamique prescrit l’interdiction absolue de divulguer publiquement les défauts et les fautes d’autrui, sauf dans des situations exceptionnelles et légitimes définies par la législation divine.
  • L’exposition publique des faiblesses d’autrui demeure strictement prohibée, quels que soient les canaux d’expression employés, qu’il s’agisse de poésie satirique, de caricature, de simples allusions ou de plaintes formulées à voix haute.
  • Une société véritablement islamique se caractérise par la liberté totale accordée à l’opprimé pour dénoncer publiquement son agresseur et proclamer son injustice sans craindre de représailles ou de censure sociale.
  • La médisance, bien qu’elle constitue un péché majeur en principe, devient licite et pleinement tolérée pour la victime d’une injustice lorsqu’il s’agit de dénoncer les agissements de son propre oppresseur.
  • La législation islamique se positionne de manière constante comme un d’un défenseur et un soutien inconditionnel des personnes opprimées, leur offrant des recours légitimes pour rejeter la tyrannie et exprimer leur détresse.
  • Il est strictement interdit d’exploiter abusivement les lois divines. Les oppresseurs doivent savoir que l’interdiction générale de la médisance ne constitue pas un bouclier destiné à dissimuler impunément leurs injustices.
  • Seul l’opprimé bénéficie de l’autorisation de médire sur son persécuteur, et ce droit se limite exclusivement aux faits d’oppression subis, sans s’étendre aux autres défauts personnels de l’agresseur (Tafsir al-Mizan).
  • L’auteur d’une injustice perd sa respectabilité au sein de la communauté croyante. Il doit être fermement condamné et démasqué publiquement afin de protéger l’ordre social et de décourager toute tyrannie.
  • Lors du conflit entre différentes valeurs éthiques, la priorité doit être accordée au principe le plus important. Ainsi, la défense de l’opprimé surpasse largement l’exigence de pudeur et de discrétion habituelle.
  • Même dans les cas légitimes où la révélation des fautes d’autrui est autorisée, il demeure impératif de ne jamais dépasser la vérité, car Dieu entend chaque parole et connaît parfaitement les intentions.

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