Sourate 11 Hûd Verset 87 | Tafsir du Coran et traduction

coran-s11-v87

قٰالُوا يٰا شُعَيْبُ أَ صَلاٰتُكَ تَأْمُرُكَ أَنْ نَتْرُكَ مٰا يَعْبُدُ آبٰاؤُنٰا أَوْ أَنْ نَفْعَلَ فِي أَمْوٰالِنٰا مٰا نَشٰؤُا إِنَّكَ لَأَنْتَ اَلْحَلِيمُ اَلرَّشِيدُ

Qālū Yā Shu`aybu ‘Aşalātuka Ta’muruka ‘An Natruka Mā Ya`budu ‘Ābā’uunā ‘Aw ‘An Naf`ala Fī ‘Amwālinā Mā Nashā’u ‘Innaka La’anta Al-Ĥalīmu Ar-Rashīdu

Traduction

— « O Cho‘aïb ! », lui répondit-on, « ta prière t’ordonne-t-elle que nous abandonnions ce qu’adoraient nos pères ou [que nous cessions] de faire de nos richesses ce que nous voulons ? En vérité, tu es certes longanime et droit ! »

Ils dirent : « Ô Chu‘aïb ! Ta religion t’ordonne-t-elle que nous abandonnions ce que nos pères adoraient, ou bien que nous ne disposions plus de nos richesses comme nous le voulons ? — Tu es bon et droit » —

Ils dirent : « Ô Šuayb ! Est-ce que ta prière te demande de nous faire abandonner ce qu’adoraient nos ancêtres, ou de ne plus faire de nos biens ce que nous voulons ? Est-ce toi l’indulgent, le droit ? »

[Les impies, etc. lui] dirent : « Ô Shucayb ! Ta Prière t’ordonne-t-elle que nous abandonnions ce que nos pères adoraient ou que nous ne disposions de nos biens comme nous le voulons ? Tu es [pourtant] longanime et valeureux ».

Ils dirent : « Ô Chuaïb ! Ta prière t’ordonne-t-elle que nous laissions ce qu’adorent nos pères, ou que nous fassions de nos fortunes ce que nous souhaitons ? Est-ce toi le magnanime, le bien dirigé ? »

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Le tafsir du verset 87 de la sourate Hud nous apprend que le peuple de Chouayb rejetait l’influence de la prière sur ses transactions économiques. Ce verset parle de leur refus de la justice sociale divine et de leur attachement obstiné aux pratiques et coutumes de leurs ancêtres.

Message du verset

  • Tous les prophètes ont fait face à des opposants au cours de leur mission. Les habitants de Madyan ont contesté l’autorité de Chouayb en l’interpellant directement, ce qui démontre que la confrontation avec l’opposition est une constante prophétique.
  • La prière rituelle n’est pas une pratique exclusive à l’islam, mais elle existait déjà dans les religions monothéistes antérieures. Les contemporains de Chouayb ont directement mentionné sa prière pour contester les enseignements sociaux et économiques qu’il transmettait.
  • La prière constituait la manifestation la plus visible et le symbole majeur de la religion du prophète Chouayb. Ses détracteurs l’ont prise pour cible principale afin de critiquer l’ensemble de son message spirituel et de ses réformes.
  • La prière authentique ne se limite pas à des rites individuels, mais elle pousse le croyant à guider autrui. Elle incite activement à la promotion du bien et à la réforme globale des déviances morales de la société.
  • Le suivisme aveugle des traditions ancestrales, en dépit des preuves claires fournies par les prophètes, représente la cause majeure de l’égarement. Les opposants préféraient s’accrocher aux pratiques de leurs pères plutôt qu’à la vérité rationnelle.
  • La religion divine ne sépare pas la dévotion spirituelle de la gestion économique ou politique. Les réformes de Chouayb prouvent que les injonctions divines régulent directement les transactions financières et rejettent l’autonomie matérielle totale des individus.
  • La voie des messagers s’oppose à la liberté absolue et sans limites dans l’usage des biens. Elle impose des restrictions morales et légales afin de préserver la justice sociale et d’éviter l’exploitation ou l’oppression économique des plus vulnérables.
  • La propriété légitime d’un bien ne confère pas le droit d’en disposer de manière illimitée ou nuisible. Les lois révélées à Chouayb contenaient des règles strictes de contrôle de la consommation et de régulation des flux financiers.
  • Les éloges des opposants envers un croyant résultent parfois de son mutisme face à l’injustice. S’ils qualifiaient Chouayb d’homme sage et mesuré, c’était dans l’espoir qu’il tolère leurs déviances et cesse de dénoncer leurs pratiques injustes.
  • Les compliments formulés par les dénégateurs dissimulent souvent une ironie mordante et un mépris profond. En qualifiant Chouayb de personne sage, ses adversaires cherchaient en réalité à ridiculiser ses avertissements spirituels et ses exigences morales rigoureuses.

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Le Chiisme - Seyed Ali Mousavi

✍️ Rédigé par :

Seyed Ali Mousavi ✦

Fort de plus de 16 ans d’études en sciences religieuses et de plus de 10 ans d’échanges avec la communauté francophone, je partage sur Lechiisme.com des connaissances, des réflexions et des repères pour mieux comprendre l’islam et le chiisme.
À travers une approche claire, accessible et bienveillante, j’invite chacun à approfondir sa réflexion et à avancer avec discernement sur son chemin spirituel.

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