Sourate 20 Tâhâ Verset 50 | Tafsir et traduction

coran-s20-v50

قٰالَ رَبُّنَا اَلَّذِي أَعْطىٰ كُلَّ شَيْءٍ خَلْقَهُ ثُمَّ هَدىٰ

Qāla Rabbunā Al-Ladhī ‘A`ţá Kulla Shay’in Khalqahu Thumma Hadá

Traduction

[Moïse] répondit : « Notre Seigneur est Celui qui donna toute chose à Ses créatures et conduisit [dans la bonne Direction]. »

Il répondit : « Notre Seigneur est celui qui a donné à chaque chose sa forme et qui l’a ensuite dirigée ».

« Notre Seigneur, dit Moïse, est celui qui a donné à chaque chose sa propre nature puis l’a dirigée ».

[Moïse] dit : « Notre Seigneur est Celui qui donne à chaque chose création (tout ce qui est nécessaire à son existence et sa vie) puis le guide ».

Il dit : « Notre Seigneur est celui qui a donné à chaque chose sa propre création, puis il [l’]a dirigée ».

Récitation du verset

Cette étude s’intéresse au tafsir du verset 50 de la sourate Ta-Ha. Dans ce passage, la réponse de Moïse à Pharaon pose les fondements de la seigneurie divine en décrivant l’acte de création et la guidance universelle octroyée à chaque créature pour son accomplissement.

Sayed Ali Mousavi

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Seyed Ali Mousavi

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Tafsir du verset 50 de la sourate Ta-Ha

Le terme arabe « bal » désigne l’état d’esprit ou la situation. Pharaon ne contestait pas la création mais la seigneurie (Rububiyyah), car il prétendait posséder l’autorité absolue (Sourate Al-A’raf, v. 127). Moïse répondit alors que l’unique Créateur gouverne l’univers.

Les négateurs de l’époque acceptaient Dieu comme unique Créateur du monde (Sourate Al-Ankabut, v. 61). Pharaon revendiquait cependant une autorité exclusive. Moïse répliqua que le souverain légitime de la création demeure le Créateur suprême et gérant universel.

Tous les messagers ont invité à l’unicité. Abraham déclara que Dieu le guide (Sourate Ta-Ha, v. 50). Moïse décrivit l’orientation universelle (Sourate Ash-Shu’ara, v. 78), tandis que le Prophète Muhammad (s) rappela la perfection de la création (Sourate Al-A’la, v. 2-3).

Bien que Moïse et Aaron se soient présentés ensemble devant Pharaon, Moïse restait le véritable meneur. L’usage du pronom singulier par le souverain tyran dans sa question démontre qu’il reconnaissait cette autorité spirituelle et organisationnelle.

Message du verset

  • La véritable discorde entre les prophètes et les tyrans porte sur la souveraineté et non sur l’existence d’un Créateur. Pharaon ne contestait pas l’origine du monde mais l’autorité morale et législative divine.
  • L’orgueil et l’arrogance des oppresseurs transparaissent directement dans leur langage. Pharaon refuse d’évoquer son propre Maître et formule sa question de manière hautaine en ciblant uniquement Moïse et son frère Aaron.
  • L’être humain ne possède aucun droit inhérent sur la création. Tout ce qui existe dans l’univers provient exclusivement de la générosité et du don divin, accordés sans contrepartie préalable à chaque créature.
  • Le Dieu unique associe l’acte de création à une orientation existentielle précise. Après avoir donné la vie, le Créateur dote chaque entité des moyens nécessaires pour s’épanouir et atteindre sa propre perfection.
  • Chaque créature reçoit une structure biologique et des caractéristiques parfaitement adaptées à ses besoins existentiels. Cette harmonie témoigne de la précision du décret divin qui façonne la nature de manière singulière.
  • La véritable souveraineté de Dieu s’exprime à travers Sa guidance universelle. Un créateur qui n’orienterait pas ses créatures vers leur but biologique et spirituel n’exercerait pas pleinement Son rôle de Seigneur.
  • L’autorité légitime découle uniquement de la puissance créatrice. Seul l’Être qui a conçu l’univers et accordé l’existence à toute chose possède le droit exclusif de commander et d’établir les lois existentielles.
  • Toutes les créatures bénéficient de l’orientation du Créateur. Les lois physiques régissant l’univers ainsi que les instincts naturels des animaux découlent directement de cette bienveillante direction divine, spirituelle et matérielle.
  • Face aux arguments rationnels, il s’avère inutile de s’en remettre aveuglément aux traditions ancestrales. Pharaon tente d’esquiver la démonstration logique de Moïse en ramenant le débat historique pour influencer la foule.

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