Sourate 5 Al-Mâ’ida Verset 63 | Tafsir du Coran et traduction

coran-s5-v63

لَوْ لاٰ يَنْهٰاهُمُ اَلرَّبّٰانِيُّونَ وَ اَلْأَحْبٰارُ عَنْ قَوْلِهِمُ اَلْإِثْمَ وَ أَكْلِهِمُ اَلسُّحْتَ لَبِئْسَ مٰا كٰانُوا يَصْنَعُونَ

Lawlā Yanhāhumu Ar-Rabbānīyūna Wa Al-‘Aĥbāru `An Qawlihimu Al-‘Ithma Wa ‘Aklihimu As-Suĥta Labi’sa Mā Kānū Yaşna`ūna

Traduction

Pourquoi leurs maîtres et leurs docteurs ne les empêchent-ils point de dire (sic) le péché et de se nourrir grâce à la vénalité ? Combien détestable est certes ce qu’ils se trouvent accomplir !

Pourquoi leurs maîtres et leurs docteurs ne leur interdisent-ils pas de pécher en paroles et de manger des gains illicites ? Que leurs œuvres sont donc exécrables !

Pourquoi les rabbins et les docteurs (de la Loi religieuse) ne les empêchent-ils pas de tenir des propos mensongers et de manger des gains illicites ? Que leurs actions sont donc mauvaises !

Pourquoi les rabbins et les docteurs [de la loi] ne les empêchent-ils pas de proférer des mensonges et de manger ce qui est illicite (vénalité, usurpation, etc.) ? Que leurs actes sont exécrables !

Si seulement les rabbins et les docteurs leur interdisaient de dire le péché et de manger du frauduleux ! Combien détestable ce qu’ils faisaient !

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Le tafsir du verset 63 de la sourate Al-Ma’ida explique la lourde responsabilité éthique des savants face aux dérives de leur communauté. Ce verset parle de leur inaction et condamne fermement le silence coupable des guides spirituels devant la propagation des péchés et des gains illicites au sein de la société.

Tafsir du verset 63 de la sourate Al-Ma’ida

L’imam Ali (a) explique dans le sermon de l’Invective (Nahj al-Balagha, sermon 192) que Dieu a maudit les nations passées pour avoir délaissé l’ordonnance du convenable. Il a réprouvé la masse pour ses péchés et les savants pour leur silence.

Le terme de rabbaniens désigne ici les érudits spirituels de la communauté chrétienne, tandis que les ahbar qualifient les docteurs de la loi de la tradition juive, tous deux interpellés directement par ce blâme coranique précis.

L’imam Hussein (a) affirme que l’abandon de l’ordonnance du convenable par les savants s’explique par deux facteurs (Tafsir Al-Rahnama et Bihar al-Anwar, vol. 100, p. 79) : l’avidité pour les gains promis par les tyrans ou la peur de leurs représailles.

Le verset précédent utilisait le terme d’action simple pour les pécheurs ordinaires. Cependant, pour désigner l’inaction des savants religieux, le Coran emploie une formulation qui évoque une activité devenue une véritable habitude ancrée chez eux.

L’exégète Feyz Kashani précise que cette différence linguistique indique un savoir-faire et une habitude profondément enracinée. L’inaction des clercs n’est plus un simple manquement passager, mais s’est transformée en une attitude systématique et intériorisée.

Message du verset

  • La responsabilité d’ordonner le bien et d’interdire le mal incombe en premier lieu aux savants religieux. Ce verset interpelle directement les guides spirituels, qui doivent assumer leur rôle de gardiens des valeurs morales de la société.
  • Le silence et l’indifférence des autorités religieuses favorisent grandement la propagation de la corruption au sein de la communauté. Lorsque les guides n’interviennent pas, les déviances sociales et les péchés se multiplient rapidement.
  • Les savants doivent disposer d’une influence réelle et d’une autorité morale forte. Simple conseiller ne suffit pas ; ils doivent être en mesure de s’opposer concrètement aux dérives de la société et d’agir efficacement.
  • Même si l’interdiction du mal ne parvient pas à éradiquer totalement les péchés, elle permet au moins d’en freiner la propagation rapide. L’intervention des clercs constitue un frein essentiel face à la course vers le vice.
  • Les savants des Gens du Livre ont failli à leurs devoirs les plus élémentaires. S’ils prétendaient ne pas pouvoir empêcher les agressions physiques, rien ne justifiait leur silence face aux péchés de parole et à la consommation illicite.
  • La véritable beauté de la science réside dans sa transmission et sa mise en pratique. À l’inverse, l’indifférence et le mutisme des savants face à l’injustice constituent une trahison flagrante de leur mission sacrée.
  • Le blâme divin envers les clercs passifs est plus sévère que celui adressé aux pécheurs ordinaires. Le silence complice d’un homme de savoir face aux dérives est jugé plus grave que l’acte répréhensible lui-même.
  • L’omniprésence du péché, le grand nombre de transgresseurs, la rapidité de la corruption et sa diversité ne justifient jamais le silence des savants. Le Coran emploie des termes précis pour désigner l’ampleur de ces transgressions sociétales.
  • Ainsi, la visibilité des fautes, la multitude de coupables et la vitesse de propagation de l’injustice constituent des défis majeurs que les guides religieux se doivent d’affronter directement sans céder au découragement ou à la facilité.

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Le Chiisme - Seyed Ali Mousavi

✍️ Rédigé par :

Seyed Ali Mousavi ✦

Fort de plus de 16 ans d’études en sciences religieuses et de plus de 10 ans d’échanges avec la communauté francophone, je partage sur Lechiisme.com des connaissances, des réflexions et des repères pour mieux comprendre l’islam et le chiisme.
À travers une approche claire, accessible et bienveillante, j’invite chacun à approfondir sa réflexion et à avancer avec discernement sur son chemin spirituel.

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