Sourate 26 Ash-Shuʻarâ’ Verset 227 | Tafsir et traduction

coran-s26-v227

إِلاَّ اَلَّذِينَ آمَنُوا وَ عَمِلُوا اَلصّٰالِحٰاتِ وَ ذَكَرُوا اَللّٰهَ كَثِيراً وَ اِنْتَصَرُوا مِنْ بَعْدِ مٰا ظُلِمُوا وَ سَيَعْلَمُ اَلَّذِينَ ظَلَمُوا أَيَّ مُنْقَلَبٍ يَنْقَلِبُونَ

‘Illā Al-Ladhīna ‘Āmanū Wa `Amilū Aş-Şāliĥāti Wa Dhakarū Allaha Kathīrāan Wa Antaşarū Min Ba`di Mā Žulimū Wa Saya`lamu Al-Ladhīna Žalamū ‘Ayya Munqalabin Yanqalibūna

Traduction

Exception faite de ceux qui ont cru, ont accompli des œuvres pies, ont beaucoup invoqué Allah et qui bénéficient de Notre aide après avoir été traités injustement. Ceux qui sont injustes sauront vers quel destin ils se tournent.

à l’exception de ceux qui croient, qui accomplissent des œuvres bonnes, qui invoquent souvent le nom de Dieu et qui se défendent lorsqu’ils sont attaqués injustement. — Les injustes connaîtront bientôt le destin vers lequel ils se tournent ! —

A part ceux qui croient et font de bonnes œuvres, qui invoquent souvent le nom d’Allah et se défendent contre les torts qu’on leur fait. Les injustes verront bientôt le revirement qu’ils [éprouveront] !

sauf ceux [parmi eux] qui croient [en DIEU], font les bonnes actions, invoquent souvent [le nom de] DIEU et qui se défendent lorsqu’ils sont injustement attaqués. Ceux qui commettent l’injustice vont savoir quel [regrettable] retour leur est réservé.

Sauf ceux qui ont cru, ont fait les œuvres vertueuses, se rappellent beaucoup de Dieu et se défendent après qu’ils ont été opprimés. Ceux qui ont opprimé sauront bientôt quel retournement ils retourneront !

Récitation du verset

Le tafsir du verset 227 de la sourate Ash-Shu’ara nous apprend que les poètes dénués de principes sont suivis par des personnes égarées. Ce verset met en lumière la différence profonde entre l’égarement de ces rimeurs et la guidance divine véridique incarnée par le Prophète Muhammad (s).

Sayed Ali Mousavi

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Tafsir du verset 227 de la sourate Ash-Shu’ara

Le terme coranique « Ghawoun » provient de la racine « Ghayy », qui s’oppose directement au concept de rectitude morale. Le Coran emploie d’ailleurs cette distinction précise dans d’autres versets bien connus (Sourate Al-Baqarah, v. 256).

Les mécréants qualifiaient le Prophète Muhammad (s) de poète et le Coran d’œuvre imaginaire. Ce texte les réfute en montrant que les poètes sont suivis par les égarés, contrairement aux partisans du Messager (s).

Les poètes errent sans but réel et ne mettent pas en pratique leurs propres paroles. À l’inverse, l’harmonie absolue entre les discours et les actes concrets du noble Prophète Muhammad (s) démontre indéniablement qu’il n’est pas un poète.

Les Imams al-Baqir (a) et al-Sadiq (a) associent ces versets aux personnes qui étudient la jurisprudence sans sincérité religieuse, ou superficiellement. Ces individus, ainsi que les conteurs fabulateurs, égarent les gens et subissent ce blâme (Tafsir Noor al-Thaqalayn).

L’association des poètes sans but et des menteurs inspirés par les démons suggère un lien étroit. Il existe une relation manifeste entre les suggestions sataniques mensongères et les discours futiles de ces rimeurs égarés.

Selon les traditions prophétiques, l’invocation abondante mentionnée correspond aux glorifications de Fatima Zahra (s). Ce rappel répété consiste à prononcer trente-quatre fois la grandeur divine, puis trente-trois fois la louange et la pureté d’Allah.

Les récits indiquent que le souvenir de Dieu ne se limite pas à la prononciation verbale. Il se manifeste concrètement par l’abstention des péchés et par l’accomplissement assidu de l’adoration (Tafsir Kanz al-Daqaiq).

La tradition rapporte que la tête de l’Imam Hussein (a) récita le premier verset sur la lance. L’Imam al-Sadiq (a) précisa que l’injustice suprême visée désigne l’oppression commise contre la sainte famille du Prophète Muhammad (s) (Tafsir Noor al-Thaqalayn).

Les versets finaux de la sourate incitent à examiner le statut de la poésie en Islam. Il convient de distinguer les usages blâmables des expressions artistiques légitimes qui soutiennent activement la vérité.

La poésie préislamique se concentrait sur les illusions, la description charnelle des femmes, les vaines gloires ou la calomnie. Ces dérives ont motivé la révélation de ces réprimandes coraniques contre les poètes égarés (Tafsir Al-Baydawi).

La différence de nature entre le sage et le poète réside dans leur méthode. Le sage conçoit d’abord les sens profonds avant d’ajuster ses mots, tandis que le poète privilégie la forme verbale (Dictionnaire Dehkhoda).

Les enseignements islamiques font l’éloge de la poésie vertueuse défendant la vérité. Cet art littéraire engagé est même qualifié de supérieur au combat armé mené avec des lances sur le champ de bataille (Tafsir Kanz al-Daqaiq).

Le Prophète Muhammad (s) a affirmé que certaines formes d’éloquence possèdent le pouvoir de la fascination, et que certains poèmes recèlent une authentique sagesse utile pour orienter les croyants (Tafsir Al-Munir).

Le noble Prophète Muhammad (s) s’adressa un jour au poète engagé Hassan ibn Thabit pour le soutenir, lui confirmant solennellement que l’Esprit saint, l’ange Gabriel, l’accompagnait et l’inspirait directement dans ses compositions (Tafsir Kanz al-Daqaiq).

Durant un voyage, le Prophète Muhammad (s) invita Hassan à réciter ses poèmes et l’écouta avec attention. Il ordonna ensuite qu’une place spécifique lui soit réservée au sein de la mosquée pour s’exprimer (Tafsir Ruh al-Ma’ani).

L’Imam al-Sadiq (a) recommandait d’enseigner aux enfants les poèmes de l’auteur Abdi. Il soulignait la valeur de ses œuvres doctrinales, le qualifiant d’artiste vertueux et fidèle aux préceptes de l’école (Tafsir Kanz al-Daqaiq).

L’Imam al-Sadiq (a) déclara que quiconque compose un seul vers poétique pour proclamer notre légitimité spirituelle et défendre notre cause recevra en récompense divine une demeure exclusive au paradis (Bihar al-Anwar, vol. 79, p. 291).

Selon l’Imam al-Sadiq (a), la récitation de poésie est blâmable pour le jeûneur, le pèlerin sacralisé ou la personne présente dans le territoire sacré. Cette restriction s’applique également le jour et la nuit du vendredi (Wasa’il al-Shia, vol. 7, p. 121).

La poésie préislamique la plus véridique selon les traditions affirme que toute chose en dehors d’Allah est vaine, et que chaque bienfait de ce monde terrestre finira inéluctablement par s’évanouir et disparaître (Tafsir Mawahib al-Aliyyah).

Lors de la révélation condamnant les poètes, des rimeurs musulmans s’inquiétèrent. Le Prophète Muhammad (s) les rassura en affirmant que le croyant mène le combat légitime aussi bien par son épée que par l’usage éloquent de sa langue (Tafsir Manhaj al-Sadiqin).

Message du verset

  • L’important n’est pas d’attirer les foules, mais de considérer la moralité des personnes séduites et l’objectif visé. Le Coran blâme ainsi l’égarement spirituel de ceux qui suivent aveuglément des poètes sans principes.
  • L’Islam ne s’oppose nullement au développement de l’expression artistique noble. En revanche, il rejette la création poétique dénuée de but constructif qui condamne l’esprit à errer sans repères dans les illusions mondaines.
  • Privée d’une foi sincère et de piété authentique, la production littéraire dépend uniquement de l’imagination fluctuante de l’auteur. Les caprices du public entraînent alors quotidiennement l’artiste vers des égarements divers.
  • Le reproche coranique vise l’égarement du public par de vains divertissements. Cela concerne la poésie, le cinéma, le théâtre ou le discours, mais la forme poétique demeure plus pénétrante grâce à son esthétique unique.
  • Les fléaux majeurs de l’activité poétique résident dans le suivi de gens dévoyés, l’absence d’une direction constructive et l’incohérence comportementale. Il s’agit de prononcer de beaux discours sans jamais les appliquer.
  • Sans l’ancrage de la foi, le domaine de l’art et de la poésie devient un terrain propice facilitant la propagation des idées déviantes et offrant une tribune idéale aux égarés.
  • Une méthode pédagogique essentielle pour ordonner le bien et interdire le mal consiste à présenter clairement des modèles de vérité et d’égarement, permettant ainsi à la communauté de discerner la droiture.
  • Le texte coranique critique sévèrement les artistes de la parole qui excellent dans l’art verbal mais restent inactifs. Cette dénonciation vise directement ceux qui prônent de grandes valeurs sans les appliquer.
  • L’équité exige de ne pas généraliser le blâme et de préserver le mérite des personnes intègres de chaque corporation. La poésie acquiert une valeur authentique lorsqu’elle sert de nobles causes spirituelles.
  • L’alliance d’une foi sincère, de bonnes actions et d’une évocation constante de Dieu protège toujours efficacement l’artiste contre les déviances éthiques, préservant ainsi son talent créatif de toute dégradation morale.
  • La révélation valide uniquement la poésie issue d’auteurs croyants, pratiquants et attachés au souvenir divin. Leurs œuvres doivent servir à mobiliser la communauté pour la défense légitime des droits bafoués.
  • La croyance intérieure précède obligatoirement l’action extérieure. De plus, les œuvres humaines doivent nécessairement être vertueuses pour produire un impact spirituel réellement salutaire et porter leurs fruits auprès du Créateur suprême.
  • L’évocation du Créateur ne connaît aucune restriction liée au temps, au lieu ou à la quantité. Le croyant sincère doit se souvenir de son Seigneur en toute circonstance et le plus intensément possible.
  • Lorsque les risques d’égarement et de déviance morale s’intensifient, l’invocation divine doit augmenter de manière proportionnelle. Ce souvenir permanent constitue la meilleure protection de l’âme humaine contre les chutes spirituelles.
  • L’art poétique doit servir d’outil de résistance pour affronter les tyrans. Le Coran encourage l’usage de la poésie comme moyen d’autodéfense légitime face aux injustices subies par les croyants opprimés.
  • La justice divine souveraine demeure l’ultime recours contre toute forme d’iniquité. Les oppresseurs réaliseront très bientôt, lors de leur retour vers le Créateur, la gravité de leurs méfaits et la sévérité de leur devenir.

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Le Chiisme - Seyed Ali Mousavi

✍️ Rédigé par :

Seyed Ali Mousavi ✦

Fort de plus de 16 ans d’études en sciences religieuses et de plus de 10 ans d’échanges avec la communauté francophone, je partage sur Lechiisme.com des connaissances, des réflexions et des repères pour mieux comprendre l’islam et le chiisme.
À travers une approche claire, accessible et bienveillante, j’invite chacun à approfondir sa réflexion et à avancer avec discernement sur son chemin spirituel.

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