Sourate 28 Al-Qasas Verset 26 | Tafsir du Coran et traduction

coran-s28-v26

قٰالَتْ إِحْدٰاهُمٰا يٰا أَبَتِ اِسْتَأْجِرْهُ إِنَّ خَيْرَ مَنِ اِسْتَأْجَرْتَ اَلْقَوِيُّ اَلْأَمِينُ

Qālat ‘Iĥdāhumā Yā ‘Abati Asta’jirhu ‘Inna Khayra Mani Asta’jarta Al-Qawīyu Al-‘Amīnu

Traduction

— « Cher père ! », dit une [des femmes], « engage-le [comme berger] ! Le meilleur de ceux que tu as engagés est cet [homme] fort et sûr ! »

Une des deux femmes dit : « Ô mon père ! Engage-le à ton service, moyennant salaire. Il est vraiment le meilleur de ceux que tu pourrais engager. Il est fort et digne de confiance ».

L’une d’elles dit : « Ô mon père, engage-le [à ton service] moyennant salaire, car le meilleur à engager c’est celui qui est fort et digne de confiance ».

L’une d’elles dit : « Ô mon père, engage-le à [ton] service [moyennant un salaire]. Le meilleur que tu [puisses] engager est quelqu’un qui est fort et digne de confiance ».

L’une d’elles dit : « Ô mon père ! Engage-le comme salarié. Le meilleur salarié, c’est celui qui est fort et fidèle ».

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Le tafsir du verset 26 de la sourate Al-Qasas explique l’importance de choisir des collaborateurs qualifiés à travers le récit de Moïse. Ce verset met en avant la force physique et l’honnêteté morale comme des critères essentiels pour toute embauche, tout en soulignant les valeurs de pudeur et d’entraide.

Tafsir du verset 26 de la sourate Al-Qasas

L’imam Al-Rida (a) rapporte que Chouayb interrogea sa fille sur l’honnêteté de Moïse. Celle-ci expliqua qu’il lui avait demandé de marcher derrière lui afin de ne pas regarder sa silhouette par pudeur (Bihar al-Anwar, vol. 13, p. 44).

Message du verset

  • Les filles possèdent au sein de la famille le droit de formuler des propositions basées sur la logique et la sagesse, sans aucune distinction de genre, comme le montre l’initiative prise par l’une d’elles.
  • Les bonnes relations entre les parents et leurs enfants, ainsi que la liberté d’expression au sein du cercle familial, représentent une valeur islamique cruciale permettant à chacun de s’exprimer avec respect et confiance.
  • Bien que chaque membre de la maison puisse soumettre des idées ou des suggestions, la décision finale revient légitimement au chef de famille, garant de l’équilibre et de l’ordre de son foyer.
  • Les femmes vertueuses cherchent à limiter leurs sorties du foyer familial. Il convient donc de confier les tâches extérieures difficiles aux hommes qualifiés afin de préserver au mieux la pudeur de chacun.
  • Le travail ne constitue pas un motif de honte dans la société islamique. Les prophètes et les alliés de Dieu accomplissaient eux-mêmes des tâches manuelles exigeantes pour subvenir dignement à leurs besoins.
  • Lors du processus de recrutement ou de sélection pour un emploi, il convient de rechercher systématiquement les meilleurs profils possibles afin de garantir une exécution optimale des missions qui leur sont confiées.
  • L’embauche d’un collaborateur exige la réunion de deux critères fondamentaux indispensables : la compétence technique et la fiabilité morale, représentées ici par les qualités de force physique et d’honnêteté rigoureuse.
  • Les aptitudes et la probité d’une personne doivent s’évaluer dans des situations ordinaires, sans qu’elle ne s’en rende compte. Beaucoup d’individus dissimulent en effet leur véritable nature par de la flatterie.
  • Moïse a manifesté ses qualités exceptionnelles de manière naturelle. Son action protectrice envers les deux sœurs et son attitude chaste ont immédiatement révélé à tous sa grande force et son intégrité morale.
  • Dieu demande aux êtres humains de peupler et de développer la terre de manière active (Hud, 61). Cette mission divine ne peut se réaliser sans un travail constant et des efforts soutenus au quotidien.
  • Le Coran insiste abondamment et à de multiples reprises sur la notion d’action vertueuse. Ce concept englobe une grande diversité d’activités bénéfiques pour l’individu lui-même ainsi que pour toute sa communauté.
  • Les prophètes envoyés par Dieu pratiquaient des métiers manuels respectables. Certains étaient ainsi agriculteurs, bergers, tailleurs ou encore charpentiers, montrant par leur exemple la valeur et la noblesse du travail quotidien.
  • Dans la tradition islamique, l’activité professionnelle honnête est considérée comme un acte d’adoration à part entière. Elle est même assimilée à un effort sacré accompli sur le sentier de Dieu (Wasa’il al-Shia, vol. 12, p. 43).
  • Les invocations d’une personne qui refuse de travailler et demeure dans l’oisiveté volontaire ne sont pas exaucées par Dieu. Le croyant doit associer l’effort concret à la prière pour obtenir la subsistance.
  • Le travail permet d’éduquer le corps et l’esprit tout en occupant utilement le temps libre. Il prévient les vices, stimule la créativité, favorise l’indépendance financière et offre les moyens d’aider son prochain.
  • Le Coran rappelle que la terre a été rendue docile pour les humains (Al-Mulk, 15). Dieu nous invite donc à en parcourir les chemins et à rechercher activement notre subsistance par le travail.
  • L’islam accorde un immense respect au travail manuel. Il recommande de respecter les droits des ouvriers, de payer rapidement leur salaire légitime et de faire preuve de générosité en leur accordant des gratifications supplémentaires.
  • L’agriculture bénéficie également d’une grande considération spirituelle. Abreuver un arbre fruitier est un acte si méritoire qu’il équivaut, selon les enseignements islamiques, à étancher la soif d’un croyant en détresse.
  • L’imam Ali (a) ordonnait à ses gouverneurs de protéger rigoureusement les agriculteurs contre toute forme d’injustice. Il exigeait de faire preuve de clémence et de modération lors de la perception des taxes.
  • Les efforts intellectuels possèdent également une immense valeur en islam. Une seule heure de réflexion utile et constructive sur la création surpasse ainsi de nombreuses heures consacrées uniquement à des prières surérogatoires.
  • La négligence et le manque de rigueur professionnelle sont fermement condamnés en islam. Le Prophète Muhammad (s) a enseigné que Dieu aime par-dessus tout que chacun accomplisse son travail avec excellence et perfection.
  • Le Coran exhorte les croyants à s’investir immédiatement dans une nouvelle tâche utile une fois la précédente achevée (Al-Inshirah, 7). L’oisiveté et l’inactivité prolongée sont ainsi formellement déconseillées en islam.
  • L’inactivité prolongée engendre inévitablement la fatigue mentale, la paresse physique et l’usure de l’esprit. Elle constitue une occasion idéale pour les tentations sataniques, favorisant la discorde et la propagation des péchés.
  • L’islam impose des limites claires au travail pour préserver l’équilibre humain. Ceux qui transgressent les jours de repos obligatoire, comme lors du sabbat historique, sont qualifiés de transgresseurs (Al-Baqarah, 65).
  • L’imam Al-Rida (a) a conseillé aux croyants de diviser leur journée en quatre temps distincts : un temps pour le travail, un pour l’adoration, un pour les loisirs permis et un pour les relations sociales.
  • Négliger cette saine répartition du temps risque de transformer l’individu en un être avide et déséquilibré. Il s’expose alors à toutes les critiques spirituelles liées à la cupidité et à l’obsession matérielle.
  • Les enseignements de l’islam accordent une importance primordiale à la qualité intrinsèque des actions réalisées plutôt qu’à leur simple quantité apparente, valorisant ainsi l’excellence morale de l’effort fourni (Hud, 7).
  • L’islam valorise tellement l’effort qu’un hadith affirme que Dieu réprouve le serviteur excessivement dormeur et oisif (Wasa’il al-Shia, vol. 12, p. 37). Le travail actif demeure une composante essentielle de la foi.
  • L’imam Al-Baqir (a) a souligné qu’une personne faisant preuve de paresse dans la gestion de ses affaires mondaines se montrera encore plus négligente concernant son destin dans l’au-delà (Wasa’il al-Shia, vol. 12, p. 37).
  • Un homme démuni demanda de l’aide au Prophète Muhammad (s). Ce dernier demanda un outil, fixa solidement un manche de bois à une tête de hache apportée par un compagnon, puis remit l’instrument au demandeur.
  • Le Messager de Dieu lui dit alors que l’outil de production était désormais entre ses mains et qu’il lui appartenait maintenant de fournir les efforts nécessaires pour gagner sa vie par lui-même.
  • Cet événement historique démontre d’abord que les prophètes de Dieu se souciaient activement des besoins matériels de leurs contemporains. Il prouve également que le plus humble citoyen peut s’adresser directement au dirigeant.
  • Cet épisode illustre aussi le besoin de coopération sociale, l’un fournissant le fer et l’autre le bois. Enfin, pour éradiquer la pauvreté, la société doit fournir des outils de production aux personnes actives.

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Le Chiisme - Seyed Ali Mousavi

✍️ Rédigé par :

Seyed Ali Mousavi ✦

Fort de plus de 16 ans d’études en sciences religieuses et de plus de 10 ans d’échanges avec la communauté francophone, je partage sur Lechiisme.com des connaissances, des réflexions et des repères pour mieux comprendre l’islam et le chiisme.
À travers une approche claire, accessible et bienveillante, j’invite chacun à approfondir sa réflexion et à avancer avec discernement sur son chemin spirituel.

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