Sourate 27 An-Naml Verset 41 | Tafsir et traduction

coran-s27-v41

قٰالَ نَكِّرُوا لَهٰا عَرْشَهٰا نَنْظُرْ أَ تَهْتَدِي أَمْ تَكُونُ مِنَ اَلَّذِينَ لاٰ يَهْتَدُونَ

Qāla Nakkirū Lahā `Arshahā Nanžur ‘Atahtadī ‘Am Takūnu Mina Al-Ladhīna Lā Yahtadūna

Traduction

Il ajouta : « Rendez ce trône méconnaissable [à la Reine]. Nous regarderons si elle est dans la bonne direction ou du nombre de ceux qui n’y sont pas. »

Salomon dit encore : « Rendez-lui son trône méconnaissable ; nous verrons, alors, si elle est bien dirigée ou si elle est au nombre de ceux qui ne sont pas dirigés ».

Et il dit [encore] : « Rendez-lui son trône méconnaissable, nous verrons alors si elle sera guidée ou si elle est du nombre de ceux qui ne sont pas guidés ».

[Salomon] dit : « Rendez-lui [aux yeux de la reine] son trône méconnaissable. Nous verrons si elle est bien guidée [si elle reconnaît son trône] ou si elle est de ceux qui ne sont pas guidés [et échouera à le reconnaître] ».

[Salomon] dit : « Rendez-lui son trône méconnaissable pour que nous regardions si elle est dirigée ou si elle est au nombre de ceux qui ne sont pas dirigés ».

Récitation du verset

Le tafsir du verset 41 de la sourate An-Naml aborde la décision du prophète Salomon de modifier l’apparence du trône de la reine de Saba. Cette démarche didactique vise à évaluer la perspicacité et la capacité de discernement de la souveraine face aux signes évidents du pouvoir divin.

Sayed Ali Mousavi

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Tafsir du verset 41 de la sourate An-Naml

Asif ibn Barkhiya, ministre de Salomon, détenait une partie du savoir du Livre céleste, selon l’imam al-Hadi (a) (Tafsir Nur al-Thaqalayn). L’imam al-Baqir (a) précise qu’il accomplit ce miracle avec une seule lettre du Nom suprême (Al-Kafi, vol. 1, p. 230).

Concernant la nature de cette science du Livre, les exégètes proposent plusieurs explications. Il s’agit soit de la connaissance des livres célestes, soit de la maîtrise du Nom suprême, soit de l’accès direct à la Table gardée.

Asif ibn Barkhiya a déplacé ce trône sans la permission de sa propriétaire légitime. Cette action se justifie par l’autorité spirituelle des prophètes sur les biens d’autrui et par la priorité absolue d’orienter Bilqis vers la foi.

La mécréance revêt différentes formes, incluant le reniement de l’existence divine et l’ingratitude envers Ses bienfaits. Parallèlement, la reconnaissance envers Dieu s’exprime également de trois manières distinctes, à savoir par la parole, par le cœur et par les actes.

Les mérites de l’imam Ali (a) et de la Famille du Prophète Muhammad (s) transparaissent ici. Tandis qu’Asif ne possédait qu’une fraction du savoir du Livre pour déplacer le trône, l’imam Ali (a) possédait l’intégralité de cette science spirituelle céleste (Tafsir Nur al-Thaqalayn).

La fin de la sourate Ar-Ra’d mentionne celui qui détient la science complète du Livre comme témoin de la prophétie. Les récits prophétiques identifient formellement ce témoin comme étant l’imam Ali ibn Abi Talib (a).

L’imam al-Sadiq (a) affirme que la connaissance d’Asif, comparée à celle de l’imam Ali (a), équivaut seulement à une goutte d’eau déposée sur l’aile d’une mouche par rapport à la grandeur de l’océan (Tafsir Nur al-Thaqalayn).

Dans un autre prêche, l’imam al-Sadiq (a) a explicitement désigné sa propre poitrine en jurant par Dieu que sa sainte demeure détient l’intégralité de la science du Livre sacré (Tafsir Nur al-Thaqalayn).

Plusieurs traditions indiquent que les imams purifiés s’affranchissent des barrières temporelles et spatiales. L’imam al-Jawad (a) s’est ainsi rendu instantanément de Médine à Tous lors du martyre de son père (Tafsir Atyab al-Bayan).

De même, l’imam al-Kadhim (a) a quitté sa prison de Bagdad pour se rendre instantanément à Médine. L’imam al-Sajjad (a) s’est également déplacé en Irak pour enterrer le corps de l’imam al-Husayn (a) (Tafsir Atyab al-Bayan).

Message du verset

  • Le gouvernement de Salomon comprenait des personnalités dotées d’un immense savoir spirituel, montrant que les postes de haute responsabilité étatique doivent revenir en priorité aux savants les plus éminents de la communauté.
  • L’être humain possède la capacité spirituelle et physique de dominer les lois de la nature. Il peut transcender les contraintes physiques habituelles pour soumettre son environnement matériel à sa volonté propre.
  • La puissance d’un être humain vertueux peut dépasser largement celle des djinns les plus robustes, démontrant ainsi la supériorité de la connaissance spirituelle humaine sur la simple force physique brute.
  • Il convient parfois de manifester ouvertement ses propres capacités exceptionnelles pour relever des défis collectifs, rassurer ses proches ou asseoir une autorité légitime face à des situations concrètes qui l’exigent expressément.
  • Le savoir est la véritable source de toute puissance. Grâce à la force de la connaissance, l’être humain peut interagir directement avec la matière et déplacer des objets physiques à distance.
  • La rapidité d’exécution constitue un atout majeur dans l’attribution des responsabilités. Tout comme dans les transactions commerciales, la vitesse d’action génère une saine émulation et augmente considérablement la valeur du service rendu.
  • Ceux qui revendiquent la possession du savoir ou d’un pouvoir spirituel doivent être capables d’en apporter la preuve concrète par des actes réels, loin des simples discours théoriques ou prétentions infondées.
  • Les serviteurs proches de Dieu attribuent systématiquement chaque faveur ou réussite à la seule grâce de leur Seigneur. Ils rejettent tout orgueil personnel et reconnaissent humblement la source de leurs bénédictions.
  • Il ne faut jamais considérer les bienfaits divins comme un droit acquis ou un mérite personnel. Ces faveurs découlent uniquement de la générosité infinie du Créateur envers Ses créatures dépendantes de Lui.
  • La détention d’une science vaste ou d’une force physique extraordinaire ne doit jamais engendrer de vanité en nous. Chaque aptitude reste un prêt divin temporaire qu’il convient de gérer avec sagesse.
  • Évoquer verbalement les bienfaits reçus de Dieu constitue une forme essentielle de gratitude. Cette reconnaissance publique permet de fortifier la foi collective et de propager le souvenir des grâces divines.
  • L’attribution ou le retrait des faveurs divines ont pour but exclusif de parfaire l’éducation spirituelle humaine. Ces variations de circonstances guident l’âme vers une maturité intérieure indispensable à son élévation.
  • Les faveurs terrestres représentent des instruments d’évaluation spirituelle et d’adoration, plutôt que de simples moyens de jouissance. Elles éprouvent la fidélité de l’homme face aux exigences de l’engagement religieux quotidien.
  • Même les messagers divins et les grands prophètes n’échappent pas aux épreuves de la vie terrestre. Ces examens spirituels renforcent leur statut élevé et valident leur exemplarité devant l’ensemble des croyants.
  • L’être humain jouit d’un libre arbitre total et n’est aucunement soumis à une contrainte existentielle absolue. Il conserve le choix d’emprunter la voie de la reconnaissance ou celle de l’ingratitude.
  • Chaque individu demeure le premier bénéficiaire de ses propres actions vertueuses. La reconnaissance exprimée envers le Créateur retourne à l’avantage exclusif de l’homme, en purifiant son âme et en l’élevant.
  • La souveraineté de Dieu est totalement indépendante de la gratitude humaine. L’ingratitude des créatures ne diminue en rien Sa richesse absolue ni Sa générosité infinie, qui demeurent inhérentes à Son essence divine.
  • La transmission du message divin exclut catégoriquement toute forme de flatterie envers les destinataires. L’indépendance absolue du Créateur doit être rappelée avec fermeté à ceux qui choisissent de rejeter la foi.
  • L’association de la richesse et de la générosité représente une vertu suprême dans l’éthique islamique. La véritable noblesse consiste à posséder d’immenses ressources tout en les distribuant avec une largesse constante.
  • Les guides spirituels authentiques désignés par Dieu disposent d’une autorité légitime sur les biens matériels de la communauté. Cette prérogative s’exerce uniquement dans l’intérêt supérieur de l’éducation religieuse des croyants.
  • Il est tout à fait opportun de modifier temporairement l’état ou l’apparence des choses afin d’éprouver la perspicacité d’une personne, facilitant ainsi l’évaluation objective de sa capacité de discernement rationnel.

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