Sourate 55 Ar-Rahmân Verset 23 | Tafsir et traduction

coran-s55-v23

فَبِأَيِّ آلاٰءِ رَبِّكُمٰا تُكَذِّبٰانِ

Fabi’ayyi ‘Ālā’i Rabbikumā Tukadhdhibāni

Traduction

Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous tous deux ?

Quel est donc celui des bienfaits de votre Seigneur que, tous deux, vous nierez ?

Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ?

Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous [ô homme et djinn] ?

Lequel des bienfaits de votre Seigneur démentez-vous tous deux ?

Récitation du verset

Le tafsir du verset 23 de la sourate Ar-Rahman décrit la rencontre des eaux douces et salées dans l’univers. Ce texte explique l’ordre naturel établi par Dieu pour préserver la vie terrestre et maritime, tout en fournissant des ressources précieuses indispensables à la subsistance des êtres vivants.

Sayed Ali Mousavi

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Tafsir du verset 23 de la sourate Ar-Rahman

Le terme « maraj » désigne l’action de laisser couler librement les eaux. Le mot « barzakh » qualifie la barrière invisible séparant deux éléments distincts, empêchant ainsi le mélange désordonné de ces deux types de mers différentes.

Le mot « lu’lu’ » s’applique aux perles précieuses nées au sein des huîtres. Quant au terme « marjan », il désigne de petites perles fines ou des coraux, organismes marins arborescents activement recherchés par les pêcheurs en mer.

Le mot « bahr » s’applique aux grandes étendues d’eau, fleuves ou mers. Les deux mers désignent les eaux douces et salées. Le Coran rappelle que l’une est agréable à boire tandis que l’autre demeure salée et amère (Sourate Fatir, verset 12).

L’eau salée s’avère indispensable pour préserver la vie des animaux marins. À l’inverse, l’eau douce soutient la croissance de la végétation terrestre et assure la survie des êtres humains ainsi que de la faune sauvage.

L’expression décrivant la jonction des mers figure deux fois dans le Coran. Dans la sourate Al-Furqan, elle succède au grand combat spirituel. Ici, elle apparaît directement après l’évocation de la justice divine et de la juste mesure.

La non-transgression entre les eaux s’accorde pleinement avec le concept de justice. Lorsque les limites sont respectées et que l’injustice cesse, les véritables beautés et les richesses intérieures se manifestent librement, à l’exemple des perles.

L’islam s’accorde parfaitement avec la nature humaine innée. Dieu comble ainsi les aspirations légitimes de l’homme, notamment son inclinaison esthétique pour les parures et les bijoux de valeur, qu’il extrait courageusement des profondeurs marines.

Contrairement aux autres bienfaits, l’expression « à Lui appartiennent » est employée pour qualifier les navires. Cela démontre que l’intelligence, la force physique, les plans de construction et les matériaux de fabrication proviennent tous exclusivement de Dieu.

À la lecture de ce passage, on interrogea l’Imam Ali (a) sur son refus d’utiliser ces parures. Il répondit que Dieu impose aux dirigeants justes une vie modeste pour épargner aux plus démunis le poids de la pauvreté (Tafsir Kanz al-Daqaiq).

L’Imam Sadiq (a) enseigna que l’Imam Ali (a) et Fatima Zahra (s) représentent ces deux mers profondes qui ne s’outrepassent jamais. De leur union précieuse sont issus l’Imam Hasan (a) et l’Imam Husayn (a), comparés ici aux perles et aux coraux (Tafsir Qummi).

Message du verset

  • L’univers entier constitue une véritable école de monothéisme. La création harmonieuse du ciel, de la terre et des mers fournit des preuves matérielles indiscutables menant l’esprit humain vers la reconnaissance de l’existence d’un Créateur unique.
  • La mer représente un bienfait divin universel destiné aux hommes et aux djinns. Même si tous les êtres ne résident pas sur les côtes, les retombées écologiques, climatiques et économiques des océans profitent à l’humanité entière.
  • La puissance souveraine de Dieu s’impose aux éléments naturels. Les courants d’eau douce et d’eau salée se rencontrent et se côtoient sans jamais se mélanger, préservant ainsi leurs propriétés spécifiques grâce à une frontière invisible.
  • L’exploitation des richesses naturelles exige un travail soutenu et persévérant. Les trésors précieux comme les perles ou le corail ne s’obtiennent pas sans effort, demandant aux hommes d’entreprendre des recherches actives au fond de l’eau.
  • L’eau et la terre constituent les sources fondamentales de subsistance. À travers la production de fruits, de grains nourriciers et de parures précieuses, Dieu assure à la fois la survie physique et le bien-être esthétique de l’homme.
  • La navigation maritime représente un moyen de transport et de commerce gratuit et immense. En facilitant le déplacement des navires comparables à des montagnes, Dieu incite l’être humain à méditer sur cette bénédiction indispensable à l’économie globale.
  • La mer et ses créatures constituent des bienfaits majeurs. Le Coran blâme sévèrement l’ingratitude humaine en répétant plusieurs fois la mise en garde contre le reniement de ces faveurs divines indispensables à l’équilibre terrestre et spirituel.

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