Sourate 53 An-Najm Verset 25 | Tafsir et traduction

coran-s53-v25

فَلِلّٰهِ اَلْآخِرَةُ وَ اَلْأُولىٰ

Falillāhi Al-‘Ākhiratu Wa Al-‘Ūlá

Traduction

A Allah appartiennent la [Vie]

La vie dernière, comme la première, appartient à Dieu.

A Allah appartiennent la vie future et la vie d’ici-bas.

A DIEU appartient la vie future et la vie présente.

À Dieu appartiennent la [vie] dernière et la [vie] première.

Récitation du verset

Le tafsir du verset 25 de la sourate An-Najm explique que l’être humain ne peut obtenir tout ce qu’il désire par de simples souhaits chimériques. Ce verset montre la souveraineté absolue de Dieu sur l’ici-bas et l’au-delà, rappelant que l’intercession dépend uniquement de Sa permission.

Sayed Ali Mousavi

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Tafsir du verset 25 de la sourate An-Najm

Le terme « Tamanni » désigne un souhait réalisable, impossible, logique ou infondé (Mufradat al-Ragheb). Le mot « Raja » s’applique aux espoirs réalisables, « Tama » aux attentes proches et « Amal » aux objectifs difficiles d’accès (Furuq al-Lughat).

L’Islam réforme la pensée à sa source afin de corriger les comportements humains. Pour éviter que l’homme cherche la puissance chez autrui, Dieu rappelle que toute la gloire (An-Nisa, 139) et toute la force (Al-Baqarah, 165) Lui appartiennent.

Ce passage indique que l’au-delà et le monde d’ici-bas appartiennent exclusivement à Dieu. Il est donc vain d’espérer quoi que ce soit d’autre, car l’univers fonctionne selon la volonté divine et non d’après nos souhaits.

L’imam Ali (a) enseigne qu’il a reconnu Dieu à travers l’annulation des résolutions et la rupture des pactes (Nahj al-Balagha, sagesse 250). Les décisions humaines s’effondrent souvent, démontrant que la création obéit à la volonté divine.

L’imam Sadiq (a) affirme que ni les anges ni les prophètes ne peuvent sauver quiconque de la colère divine. Quiconque espère bénéficier de l’intercession doit donc s’efforcer de rechercher sincèrement l’agrément de Dieu (Bihar al-Anwar, vol. 8, p. 53).

Certains assimilent l’intercession au favoritisme, ce qui est erroné. L’intercession exige que le bénéficiaire s’en soit rendu digne par ses pensées et ses actes vertueux. Contrairement aux passe-droits, elle repose sur des critères spirituels précis.

De plus, l’intercession ne viole aucun droit, contrairement au favoritisme qui lèse autrui. L’intercesseur n’attend également aucune contrepartie de la personne secourue, à l’inverse du clientélisme mondain où chacun recherche un profit ou un avantage.

Le but de l’intercesseur reste le salut éternel de l’âme, alors que le favoritisme vise des gains terrestres. L’intercession favorise aussi l’éducation spirituelle, car elle lie le croyant aux guides de Dieu par une relation sincère.

L’expression divine « pour qui Il veut » s’interprète de deux manières. D’une part, elle désigne celui à qui Dieu accorde la permission d’intercéder. D’autre part, elle indique le croyant autorisé à recevoir cette faveur.

L’intercession n’encourage pas au péché, car l’identité des bénéficiaires reste inconnue de tous. De plus, concevoir un antidote efficace contre le poison n’a jamais incité les humains à s’empoisonner volontairement.

L’espoir constitue le moteur essentiel de l’action humaine et du développement. Le Prophète Muhammad (s) a déclaré que sans espoir, aucune mère n’allaiterait son nourrisson et aucun agriculteur ne planterait d’arbre (Bihar al-Anwar, vol. 77, p. 137).

Jésus vit un vieillard labourer et pria Dieu de lui retirer l’espoir. L’homme cessa aussitôt sa tâche pour dormir. Quand Jésus demanda de lui restituer son espérance, le vieillard se remit instantanément à travailler (Bihar al-Anwar, vol. 14, p. 329).

L’espérance doit s’inscrire dans les limites des capacités et des conditions réelles de chacun, sous peine de verser dans l’illusion. L’imam Ali (a) redoutait principalement pour ses disciples le culte des passions et les désirs sans fin (Nahj al-Balagha, sermon 28).

Le Coran réprouve certains souhaits néfastes, comme le désir d’obtenir les richesses de Coré (Al-Qasas, 79). De même, l’écriture sainte condamne fermement ceux qui aspirent à être loués pour des actions non accomplies (Al-Imran, 188).

Dieu interdit d’aspirer à dominer autrui sur terre (Al-Qasas, 83). Il exhorte régulièrement les croyants à ne pas envier les biens des riches, à travers des avertissements clairs (At-Tawbah, 55; Al-Hijr, 88).

Au Jour de la résurrection, les injustes exprimeront des regrets tardifs et inutiles. Certains souhaiteront avoir été de la poussière (An-Naba, 40), car la terre produit des récoltes fertiles tandis que l’homme ne commet que des péchés.

D’autres regretteront amèrement de ne pas avoir suivi le sentier tracé par le Messager divin (Al-Furqan, 27). D’autres encore s’exclameront, souhaitant ne jamais avoir reçu le registre contenant leurs actes terrestres (Al-Haqqah, 25).

Certains exprimeront le désir d’avoir accompli de bonnes actions pour leur vie future (Al-Fajr, 24). D’autres supplieront d’être renvoyés sur terre pour ne plus rejeter les signes divins (Al-An’am, 27).

Message du verset

  • Il ne faut pas délaisser la voie divine dans l’espoir d’obtenir une intercession ou un secours d’autrui, car ce souhait illusoire et infondé ne pourra jamais se réaliser au Jour du Jugement.
  • Délaisser la véritable guidée spirituelle envoyée par le Seigneur pour s’égarer dans des désirs chimériques et des illusions mondaines constitue une attitude condamnable que les textes sacrés rejettent avec force.
  • La souveraineté absolue et l’autorité suprême sur la vie présente ainsi que sur l’au-delà appartiennent exclusivement à Dieu. Le croyant sincère ne doit donc jamais chercher de secours en dehors de Lui.
  • Tout être et tout pouvoir en dehors du Créateur Unique sont par nature éphémères et voués à disparaître. Seul le Seigneur demeure éternel et régit la destinée de chaque créature ici-bas.
  • Le fondement de la création repose uniquement sur la volonté sage et souveraine du Seigneur. Cela demeure vrai, que nos espoirs personnels s’accordent ou non avec les décrets divins établis.
  • La manifestation de la souveraineté et de la propriété absolue de Dieu s’exprime avec encore plus d’éclat au Jour dernier, raison pour laquelle l’au-delà est cité avant le monde terrestre.
  • Même les anges les plus rapprochés ne possèdent aucun pouvoir d’intercéder sans l’autorisation préalable et explicite de Dieu. Il est donc insensé d’espérer un secours de la part d’idoles totalement inertes.
  • Du fait que ce bas-monde et la vie future appartiennent uniquement au Créateur suprême, obtenir Son autorisation préalable ainsi que Son agrément s’avère totalement indispensable pour que l’intercession puisse s’exercer.
  • N’importe quelle entité ne peut pas intercéder, et aucun transgresseur n’en bénéficie de manière automatique. Ce privilège dépend uniquement de la volonté du Seigneur, qui s’exerce toujours avec sagesse et justice.

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Le Chiisme - Seyed Ali Mousavi

✍️ Rédigé par :

Seyed Ali Mousavi ✦

Fort de plus de 16 ans d’études en sciences religieuses et de plus de 10 ans d’échanges avec la communauté francophone, je partage sur Lechiisme.com des connaissances, des réflexions et des repères pour mieux comprendre l’islam et le chiisme.
À travers une approche claire, accessible et bienveillante, j’invite chacun à approfondir sa réflexion et à avancer avec discernement sur son chemin spirituel.

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