Le mois de Ramadan occupe une place centrale dans la vie spirituelle des musulmans, mais les règles spécifiques aux femmes durant le mois béni de Ramadan comportent des particularités importantes qu’il est essentiel de connaître.
Entre les menstruations, la grossesse, l’allaitement ou encore les lochies, la législation islamique prévoit des dispenses et des obligations adaptées, fondées sur la sagesse divine et la miséricorde d’Allah.
Dans la jurisprudence islamique, ces règles liées au jeûne des femmes en islam sont clairement définies par les sources religieuses et les avis des savants. Les comprendre permet d’éviter les confusions, les scrupules excessifs et les erreurs dans la pratique religieuse.
Sommaire
Menstruations et lochies durant le Ramadan
Les menstruations (ḥayḍ) et les lochies (nifās) ont un impact direct sur la validité du jeûne pendant le mois de Ramadan.
La jurisprudence islamique a établi des règles précises concernant ces états naturels, afin de préserver la validité des actes d’adoration et d’éviter toute confusion dans la pratique religieuse.
I. Interdiction du jeûne en cas de menstrues ou de lochies
Une femme en état de menstrues (ḥayḍ) ou de lochies (saignement après l’accouchement) n’a pas le droit de jeûner. Tout jeûne accompli dans cet état est invalide et doit être rattrapé après le mois de Ramadan.
II. Apparition des règles pendant la journée de jeûne
Si une femme voit le sang des règles à n’importe quel moment de la journée du mois de Ramadan, même peu avant l’adhan du maghrib, son jeûne est annulé et elle devra rattraper ce jour après Ramadan.

III. Invalidité du jeûne en cas d’apparition des règles en journée
Toute femme qui voit le sang des règles pendant la journée alors qu’elle jeûnait voit son jeûne annulé et devra le rattraper après le mois de Ramadan.
IV. Traces persistantes de sang menstruel
Les jeûnes accomplis les jours où des traces de sang menstruel étaient encore présentes doivent être rattrapés, car le jeûne n’est pas considéré comme valide dans cette situation.
V. Début des règles peu avant le maghrib
Si une femme jeûne pendant le mois de Ramadan et que ses règles commencent seulement dix à quinze minutes avant l’adhan du maghrib, son jeûne est annulé et devra être rattrapé après Ramadan.
Lisez plus : Comment les chiites font la prière ?
Rattrapage des jours manqués de jeûne des femmes
Lorsqu’une femme ne jeûne pas certains jours du mois de Ramadan en raison d’un empêchement légitime, la loi islamique précise clairement les règles relatives au rattrapage de ces jours, ainsi que la distinction entre rattrapage et expiation.
I. Obligation du rattrapage sans expiation
Les jours de jeûne manqués à cause des règles ou des lochies doivent uniquement être rattrapés (qaḍāʾ) et ne nécessitent aucune expiation (kaffāra).
II. La kaffāra ne remplace jamais le rattrapage
L’expiation (kaffāra) ne remplace jamais le rattrapage (qaḍāʾ), et le rattrapage des jours de jeûne manqués demeure obligatoire en toute circonstance.

Retard du rattrapage et obligation de la fidya
La jurisprudence chiite distingue entre le retard volontaire du rattrapage des jours de jeûne manqués et le retard causé par une excuse valable. Chaque situation entraîne des règles spécifiques qu’il est important de connaître.
I. Retard volontaire du rattrapage sans excuse valable
Une femme qui retarde volontairement le rattrapage de ses jours manqués de Ramadan jusqu’au Ramadan suivant sans excuse valable doit, en plus du rattrapage, donner une fidya, consistant à nourrir un pauvre pour chaque jour manqué.
II. Retard du rattrapage dû à une excuse continue
Si le retard du rattrapage est dû à une excuse continue, comme une grossesse, un allaitement ou une maladie persistante, seule la règle correspondante s’applique, sans péché ni obligation supplémentaire.
Lisez plus : Prière chiite vs Prière sunnite
Grossesse et allaitement durant le Ramadan
La grossesse et l’allaitement sont des situations particulières dans lesquelles la loi islamique tient compte de la santé de la mère et de l’enfant. La jurisprudence chiite a établi des règles claires permettant d’allier protection physique et respect des obligations religieuses.
I. Dispense du jeûne en cas de crainte d’un préjudice
Une femme enceinte ou allaitante qui craint un préjudice réel pour elle-même ou pour l’enfant peut ne pas jeûner ; le rattrapage devient alors obligatoire après la disparition de cette crainte.
Purification, ghusl et tayammum des femmes durant le Ramadan
La validité du jeûne est étroitement liée à l’état de purification rituelle avant l’aube. La jurisprudence chiite détaille avec précision les règles concernant le ghusl, le tayammum et les situations de doute ou de négligence.
I. Purification après l’adhan du fajr
Si une femme devient pure après l’adhan du fajr durant une journée de Ramadan, elle ne jeûne pas ce jour-là et devra le rattraper, mais il est recommandé qu’elle s’abstienne de manger et de boire par respect pour le mois.
II. Retarder volontairement le ghusl jusqu’après le fajr
Le fait de retarder volontairement le ghusl de janāba ou de menstrues jusqu’après l’adhan du fajr annule le jeûne.
III. Purification avant le fajr avec temps suffisant ou insuffisant
Si une femme se purifie de ses règles avant l’adhan du fajr pendant Ramadan, elle doit faire le ghusl si le temps le permet. Si le temps est insuffisant, le tayammum suffit et le jeûne est valable.
IV. Négligence volontaire du ghusl ou du tayammum
Si elle ne fait volontairement ni ghusl ni tayammum alors qu’elle est purifiée avant le fajr, son jeûne est invalide et une kaffāra devient obligatoire.
V. Doute sur l’état de purification avant l’aube
Si une femme n’est pas sûre d’être purifiée avant l’aube et ne fait pas le ghusl, puis découvre en journée qu’elle était déjà purifiée, elle doit faire l’intention de jeûner si elle n’a rien fait qui annule le jeûne, mais elle devra quand même rattraper ce jour par précaution obligatoire.
VI. Acte annulant le jeûne en cas de doute
Si, dans ce cas, elle a accompli un acte qui annule le jeûne, aucune kaffāra n’est exigée, mais le rattrapage reste nécessaire.
VII. Validité du jeûne après l’arrêt complet du sang
Les jeûnes accomplis après l’arrêt complet du sang sont valides, même si le ghusl n’a pas encore été fait.
VIII. Prières accomplies sans ghusl après la purification
Les prières accomplies après l’arrêt complet des règles sans avoir fait le ghusl doivent être rattrapées.
IX. Négligence malgré une forte probabilité de purification
Si une femme pense fortement être purifiée avant l’aube mais ne vérifie pas son état, ne fait ni ghusl ni jeûne, puis apprend plus tard qu’elle était bien purifiée, elle doit rattraper ce jour.
X. Kaffāra en cas de négligence grave
En cas de négligence alors qu’il existait une forte probabilité de purification, la kaffāra devient également obligatoire, sauf si elle avait la certitude d’être encore en état de règles.
Lisez plus : Frottement des femmes en islam : Autorisé ou Haram ?
Saignements non menstruels (Istihâda) durant le Ramadan
Les saignements non menstruels (istiḥāḍa) obéissent à des règles distinctes de celles des menstrues. La jurisprudence établit des critères précis pour déterminer leur impact sur la validité du jeûne, ainsi que sur certains types de jeûnes spécifiques.
I. Doute entre menstrues et saignement non menstruel
En cas de doute entre menstrues (ḥayḍ) et saignement irrégulier (istiḥāḍa), la femme doit vérifier son état ; tant que le sang correspond aux caractéristiques du ḥayḍ, le jeûne n’est pas valide.
II. Apparition de l’istiḥāḍa pendant un jeûne de rattrapage
Si une femme accomplit un jeûne de rattrapage (qaḍāʾ) et qu’elle devient mustaḥāḍa après midi, puis ne fait pas le ghusl requis pour les prières de maghrib et de ‘ishā’ le même jour, le jeûne de cette journée reste valide.
III. Jeûne de vœu et apparition des règles
Si une femme jeûne un jour précis à cause d’un vœu (nadhr) et que les règles apparaissent pendant ce jour, même pour un court moment, le jeûne devient invalide et le rattrapage est obligatoire.
IV. Interruption du jeûne de kaffāra par les règles
Lors d’un jeûne de kaffāra (expiation) de soixante jours, les jours de règles interrompent le jeûne, mais une fois les règles terminées, la femme reprend simplement les jours restants sans recommencer depuis le début.
Lisez plus : Combien de fois faire l’amour en islam ?
Est-ce que les femmes font le Ramadan ?
Oui, les femmes sont pleinement concernées par le mois de Ramadan et par l’obligation du jeûne, au même titre que les hommes.
Toutefois, en raison de situations naturelles ou particulières comme les menstruations, les lochies, la grossesse ou l’allaitement, la loi islamique prévoit des dispenses temporaires, accompagnées de règles précises de rattrapage, sans que cela ne diminue la valeur spirituelle du mois pour elles.
Qu’est-ce qui annule le jeûne chez la femme ?
Chez la femme, certains actes ou états spécifiques entraînent l’annulation du jeûne durant le mois de Ramadan. Le saignement menstruel (ḥayḍ) et les lochies (nifās), dès leur apparition à n’importe quel moment de la journée, rendent le jeûne invalide.
De même, les rapports sexuels, qu’il y ait pénétration ou orgasme, annulent le jeûne et entraînent les conséquences juridiques prévues par la loi islamique.
Lisez plus : Positions haram en islam
Pourquoi les femmes qui ont leurs règles ne font pas le Ramadan ?
Selon le fiqh islamique, l’état de menstruation ou de lochies est incompatible avec la validité du jeûne. Cette dispense n’est ni une sanction ni une diminution spirituelle, mais une règle légale fondée sur la sagesse divine et la nature de ces états.
La femme est ainsi exemptée du jeûne durant cette période, avec l’obligation de rattraper les jours manqués après Ramadan, sans expiation, conformément aux enseignements des Ahl al-Bayt (a).
Est-ce qu’une femme peut se maquiller pendant le Ramadan ?
Le fait pour une femme de se maquiller pendant la journée de Ramadan n’annule pas le jeûne. Le maquillage, en lui-même, ne fait pas partie des actes qui rompent le jeûne selon la jurisprudence chiite, tant qu’aucune substance ne parvient à l’intérieur du corps par une voie considérée comme invalidante.
Quand une femme ne peut-elle pas jeûner ?
Une femme ne peut pas jeûner lorsqu’elle se trouve dans un état qui rend le jeûne juridiquement invalide ou nuisible, comme les menstruations, les lochies, ou lorsqu’il existe une crainte réelle pour sa santé ou celle de son enfant en cas de grossesse ou d’allaitement.
Dans ces situations, la loi islamique prévoit une dispense temporaire, accompagnée de règles précises de rattrapage.
Lisez plus :Menstruation en islam | Tout savoir sur le Cycle menstruel
Est-il possible de jeûner avec des pertes marron ?
Oui, il est possible de jeûner avec des pertes marron si celles-ci ne correspondent pas au saignement des menstrues.
Dans ce cas, elles sont considérées comme de l’istiḥāḍa, et la femme doit jeûner normalement tout en respectant les règles spécifiques de l’istiḥāḍa relatives à la purification et aux actes d’adoration.
Où étudier les préceptes des femmes pour le Ramadan ?
Pour approfondir les règles spécifiques aux femmes durant le mois de Ramadan et éviter toute confusion dans la pratique religieuse, il est fortement recommandé d’étudier le fiqh de manière structurée.
Des cours de fiqh en ligne sont disponibles, accessibles à son propre rythme, avec des explications claires basées sur la jurisprudence chiite.
Les modules 1 et 2 sont particulièrement adaptés pour acquérir les bases essentielles liées au jeûne, à la purification et aux situations spécifiques rencontrées par les femmes.
Commencez à apprendre le fiqh islamique !
Quel livre lire pour les préceptes du mois de Ramadan ?
Pour étudier les règles pratiques liées au mois de Ramadan, et en particulier les préceptes spécifiques aux femmes.
L’ouvrage : Le guide pratique du musulman
constitue une référence fiable et accessible. Basé sur les avis juridiques de l’ayatollah Sistani, ce livre présente de manière claire et structurée les règles du jeûne, de la purification et des situations particulières, ce qui en fait un support idéal pour une étude sérieuse et conforme au fiqh chiite.
Conclusion
Les règles spécifiques aux femmes durant le mois de Ramadan témoignent de la précision et de la sagesse de la jurisprudence islamique chiite, qui prend en compte les réalités naturelles et les situations particulières sans jamais alourdir la pratique religieuse.
Comprendre ces préceptes permet de jeûner avec sérénité, certitude et conscience. Pour continuer votre apprentissage et approfondir ces enseignements, nous vous invitons à découvrir les différentes catégories disponibles en cliquant sur le menu du site.
Je vous invite à visionnez les deux pages importantes ci-dessous :
👉 Faites un don, donnez votre khoms ou zakat
👉 Posez votre question religieuse
Commencez à lire :
- Le Coran en français
- Mafatih al-Jinan (Clé du Paradis)
- Ma chaîne YouTube « Le Chiisme »
- Ma chaîne philosophique « L’Émanation »
Articles sur le fiqh du chiisme

✍️ Rédigé par :
Seyed Ali Mousavi ✦
Spécialiste en sciences islamiques et chiites depuis 2004, je partage réflexions, savoirs et perspectives sur Le Chiisme.
Avec une plume inspirée et une vision éclairée, j'invite chaque âme à explorer l'islam et à cheminer vers un monde meilleur.