Traduction
O vous qui croyez !, n’élevez point la voix au-dessus de la voix du Prophète ! Ne lui adressez point la parole d’une voix haute, comme vous le faites entre vous ! [Vous risqueriez] que vaines deviennent vos [bonnes] actions, sans que vous [le] pressentiez.
Ô vous les croyants ! N’élevez pas la voix au-dessus de celle du Prophète. Ne lui adressez pas la parole à voix haute, comme vous le faites entre vous, de crainte que vos œuvres ne soient vaines, sans que vous vous en doutiez.
Ô vous qui avez cru ! N’élevez pas vos voix au-dessus de la voix du Prophète, et ne haussez pas le ton en lui parlant, comme vous le haussez les uns avec les autres, sinon vos œuvres deviendraient vaines sans que vous vous en rendiez compte.
Croyants, n’élevez pas vos voix au-dessus de la voix du Prophète, ne haussez pas le ton en lui parlant comme vous haussez [vos voix] les uns avec les autres, sinon vos actions échoueront sans que vous vous en rendiez compte.
Ô vous qui avez cru ! N’élevez pas vos voix au-dessus de la voix du Prophète, et ne lui parlez pas manifestement, comme vous parlez manifestement les uns aux autres, sinon vos œuvres échoueraient, sans que vous ne [le] pressentiez.
Récitation du verset
Le tafsir du verset 2 de la sourate Al-Hujurat nous apprend que les croyants ne doivent pas élever la voix en présence du Prophète Muhammad (s). Ce verset explique qu’un manque de respect envers le Messager peut annuler toutes les bonnes actions d’un fidèle à son insu, soulignant l’importance de la déférence.
Tafsir du verset 2 de la sourate Al-Hujurat
Le verset précédent interdisait de devancer le Prophète Muhammad (s) en actes. Celui-ci interdit d’élever la voix en sa présence lors des discussions. La sourate An-Nur ordonne également de ne pas l’interpeller comme un homme ordinaire, mais d’utiliser un ton respectueux.
Préserver une bonne action est plus difficile que de l’accomplir. Une œuvre peut être corrompue au départ par l’ostentation, détruite en cours de route par l’orgueil, ou annulée à la fin par des péchés commis ultérieurement.
Le Coran promet une récompense décuplée à celui qui présente sa bonne action au Jour Dernier (Sourate Al-An’am, verset 160). L’important est de sauvegarder l’acte contre toute dégradation spirituelle entre son accomplissement et la rétribution divine finale.
Le Prophète Muhammad (s) a enseigné que chaque invocation plante un arbre au Paradis. Un compagnon se réjouit alors de leur grand nombre. Le Messager répondit que certains péchés personnels pouvaient malheureusement brûler ces arbres célestes (Bihar al-Anwar, vol. 8, p. 186).
Le Coran associe l’annulation des œuvres à l’incroyance, mais aussi au manque de respect envers le Prophète Muhammad (s). Ainsi, la sanction pour une attitude irrévérencieuse devant le Messager de Dieu équivaut à la gravité du polythéisme et de l’association.
Un compagnon, inquiet d’avoir parlé fort devant le Prophète Muhammad (s), craignait l’annulation de ses actes. Le Messager le rassura en expliquant que sa voix forte servait uniquement aux discours publics, le dispensant de cette réprimande (Tafsir Majma’ al-Bayan).
L’expression divine indiquant que les actes s’annulent à l’insu des croyants montre que certaines actions produisent des effets inévitables. Ces conséquences objectives se réalisent indépendamment de notre conscience ou de notre ignorance des réalités spirituelles en jeu.
De même qu’ingérer un poison par mégarde cause la mort, toucher un câble électrique dénudé électrocute sans pitié. De nombreux péchés entraînent des calamités terrestres comme la famine ou l’abréviation de l’existence sans que l’auteur en comprenne l’origine.
L’interdiction d’élever la voix devant le Prophète Muhammad (s) souligne sa dignité. Néanmoins, l’islam impose la modération verbale envers tous. Le sage Luqman ordonnait à son fils de baisser le ton, comparant les cris aux braiements (Sourate Luqman, verset 19).
Les nuisances sonores représentent un problème social contemporain majeur. Que ce soit lors des célébrations, des deuils, dans les mosquées ou sur la voie publique, le bruit excessif nuit gravement à la tranquillité d’autrui au quotidien.
L’histoire rapporte des exemples d’irrévérence envers le Prophète Muhammad (s). Juste avant sa mort, il demanda de quoi écrire pour préserver sa communauté de l’égarement. Des objections s’élevèrent parmi les présents, créant un tumulte irrespectueux (Sahih Muslim, vol. 3, p. 1259).
L’érudit Sharaf al-Din explique que malgré ce refus d’écrire, l’intention prophétique demeurait évidente. Ses déclarations antérieures imposaient déjà de s’attacher conjointement au Coran et aux membres de sa noble famille (Wasa’il al-Shia, vol. 27, p. 33).
Lors des funérailles de l’imam Al-Hassan (a), une opposition éclata concernant son inhumation près du Prophète Muhammad (s), générant un grand tumulte. L’imam Al-Hussein (a) rappela alors le présent verset pour calmer la foule, soulignant que le respect posthume était impératif (Tafsir Nemouneh).
Partout dans le monde, les nations honorent leurs figures historiques en attribuant leurs noms aux institutions publiques. En Islam, certains êtres humains, des lieux, des objets et des végétaux possèdent une sacralité intrinsèque découlant de leur lien direct avec l’Unique.
Dieu est la source ultime de toute sainteté. Les polythéistes reconnaîtront leur égarement d’avoir égalisé leurs divinités avec le Seigneur du monde (Sourate Ash-Shu’ara, verset 98). Le Coran ordonne de sanctifier Son Nom (Sourate Al-A’la, verset 1).
Le Livre de Dieu possède également un caractère hautement sacré. Puisque le Tout-Puissant qualifie Son texte d’immense (Sourate Al-Hijr, verset 87), de généreux (Sourate Al-Waqi’ah, verset 77) et de glorieux (Sourate Qaf, verset 1), nous devons impérativement le vénérer.
Les prophètes et leurs successeurs légitimes détiennent un statut privilégié. Dieu enjoint de respecter le Messager en ne le devançant point, en baissant le ton devant lui et en invoquant les bénédictions sur sa personne (Sourate Al-Ahzab, verset 56).
Ce devoir d’honneur posthume inclut sa visite (Tabarruk al-Sahabah par Ahmadi Mianaji), le respect de sa descendance et des savants pieux. Rejeter l’avis du juriste intègre équivaut à rejeter la parole divine (Bihar al-Anwar, vol. 27, p. 238).
De plus, tout objet lié aux prophètes devient sacré. L’arche d’alliance contenant les reliques de la famille de Moïse était si précieuse que les anges la transportaient, assurant ainsi la victoire d’Israël sur ses opposants (Sourate Al-Baqarah, verset 248).
En Islam, les parents possèdent une haute considération. Le Coran associe la bonté filiale au monothéisme (Sourate Al-Baqarah, verset 83 ; Sourate An-Nisa, verset 36), liant la reconnaissance envers eux à celle due au Créateur (Sourate Luqman, verset 14).
Leur accorder un regard affectueux constitue un acte d’adoration. Il est interdit d’élever la voix au-dessus de la leur. De plus, entreprendre un voyage causant leur affliction est illicite et annule la réduction des prières du voyageur.
Plusieurs dimensions temporelles et spatiales possèdent une sacralité en islam. Il en est ainsi pour la nuit d’Al-Qadr, les mosquées, la Pierre Noire, l’eau de Zamzam, la terre de Karbala et les habits sacrés d’Ihram des pèlerins.
Ainsi, Moïse dut retirer ses sandales en entrant dans la vallée de Tuwa (Sourate Taha, verset 12). De plus, l’accès à la Mosquée Sacrée est strictement interdit aux polythéistes en raison de leur impureté (Sourate At-Tawbah, verset 28).
Les croyants doivent se vêtir de manière digne en s’y rendant (Sourate Al-A’raf, verset 31). Le séjour y est proscrit pour quiconque se trouve en état d’impureté majeure, sauf en cas de simple passage (Sourate An-Nisa, verset 43).
Les plus nobles messagers, comme Abraham, Ismaël, Zacharie ou Marie, eurent la charge de purifier ces lieux (Sourate Al-Baqarah, verset 125). La mère de Marie avait d’ailleurs voué son enfant au service du temple (Sourate Al-Imran, verset 35).
Enfin, la dignité du croyant demeure sacrée. Son honneur surpasse la sacralité de la Kaaba. La calomnie envers lui est prohibée, sa défense s’avère obligatoire et la profanation de sa sépulture après sa mort reste strictement interdite.
Message du verset
- Pour enseigner la politesse à autrui, nous devons nous adresser à eux avec égards, à l’image de Dieu s’adressant affectueusement aux fidèles par la formule noble « Ô vous qui croyez » dans ce verset.
- Demander le respect pour un dirigeant est plus éloquent si un tiers s’en charge. Le Messager ne réclame pas cette déférence lui-même ; Dieu intervient directement pour ordonner aux fidèles de ne pas élever le ton.
- Le statut spirituel d’une personne influe directement sur la portée de ses actes. Une impolitesse commise par un croyant envers le Messager divin entraîne de lourdes conséquences, pouvant annuler la totalité de ses œuvres méritoires passées.
- L’être humain peut détruire inconsciemment ses propres efforts spirituels. En agissant avec maladresse ou irrévérence, le croyant risque d’annuler tous ses mérites accumulés, sans même se rendre compte de la gravité de sa perte spirituelle personnelle.
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Liste des Sourates et des Versets
- ✦1. Al-Fatiha
- ✦2. Al-Baqara
- ✦3. Âl ʻImrân
- ✦4. An-Nisâ’
- ✦5. Al-Mâ’ida
- ✦6. Al-Anʻâm
- ✦7. Al-Aʻrâf
- ✦8. Al-Anfâl
- ✦9. At-Tawba
- ✦10. Yûnus
- ✦11. Hûd
- ✦12. Yûsuf
- ✦13. Ar-Ra‘d
- ✦14. Ibrâhîm
- ✦15. Al-Hijr
- ✦16. An-Nahl
- ✦17. Al-Isrâ’
- ✦18. Al-Kahf
- ✦19. Maryam
- ✦20. Tâhâ
- ✦21. Al-Anbîyâ’
- ✦22. Al-Hajj
- ✦23. Al-Mu’minûn
- ✦24. An-Nûr
- ✦25. Al-Furqân
- ✦26. Ash-Shuʻarâ’
- ✦27. An-Naml
- ✦28. Al-Qasas
- ✦29. Al-‘Ankabût
- ✦30. Ar-Rûm
- ✦31. Luqmân
- ✦32. As-Sajda
- ✦33. Al-Ahzâb
- ✦34. Saba’
- ✦35. Fâtir
- ✦36. Yâsîn
- ✦37. As-Sâffât
- ✦38. Sâd
- ✦39. Az-Zumar
- ✦40. Ghâfir
- ✦41. Fussilat
- ✦42. Ash-Shûrâ
- ✦43. Az-Zukhruf
- ✦44. Ad-Dukhân
- ✦45. Al-Jâthîya
- ✦46. Al-Ahqâf
- ✦47. Muhammad
- ✦48. Al-Fath
- ✦49. Al-Hujurât
- ✦50. Qâf
- ✦51. Adh-Dhârîyât
- ✦52. At-Tûr
- ✦53. An-Najm
- ✦54. Al-Qamar
- ✦55. Ar-Rahmân
- ✦56. Al-Wâqi‘a
- ✦57. Al-Hadîd
- ✦58. Al-Mujâdala
- ✦59. Al-Hashr
- ✦60. Al-Mumtahana
- ✦61. As-Saff
- ✦62. Al-Jumu‘a
- ✦63. Al-Munâfiqûn
- ✦64. At-Taghâbun
- ✦65. At-Talâq
- ✦66. At-Tahrîm
- ✦67. Al-Mulk
- ✦68. Al-Qalam
- ✦69. Al-Hâqqa
- ✦70. Al-Ma‘ârij
- ✦71. Nûh
- ✦72. Al-Jinn
- ✦73. Al-Muzzammil
- ✦74. Al-Muddaththir
- ✦75. Al-Qîyâma
- ✦76. Al-Insân
- ✦77. Al-Mursalât
- ✦78. An-Naba’
- ✦79. An-Nâziʻât
- ✦80. ‘Abasa
- ✦81. At-Takwîr
- ✦82. Al-Infitâr
- ✦83. Al-Mutaffifîn
- ✦84. Al-Inshiqâq
- ✦85. Al-Burûj
- ✦86. At-Târiq
- ✦87. Al-A‘lâ
- ✦88. Al-Ghâshîya
- ✦89. Al-Fajr
- ✦90. Al-Balad
- ✦91. Ash-Shams
- ✦92. Al-Layl
- ✦93. Ad-Duhâ
- ✦94. Ash-Sharh
- ✦95. At-Tîn
- ✦96. Al-‘Alaq
- ✦97. Al-Qadr
- ✦98. Al-Bayyina
- ✦99. Az-Zalzala
- ✦100. Al-‘Âdîyâts
- ✦101. Al-Qâri‘a
- ✦102. At-Takâthur
- ✦103. Al-‘Asr
- ✦104. Al-Humaza
- ✦105. Al-Fîl
- ✦106. Quraysh
- ✦107. Al-Mâ‘ûn
- ✦108. Al-Kawthar
- ✦109. Al-Kâfirûn
- ✦110. An-Nasr
- ✦111. Al-Masad
- ✦112. Al-Ikhlâs
- ✦113. Al-Falaq
- ✦114. An-Nâs

✍️ Rédigé par :
Seyed Ali Mousavi ✦
Fort de plus de 16 ans d’études en sciences religieuses et de plus de 10 ans d’échanges avec la communauté francophone, je partage sur Lechiisme.com des connaissances, des réflexions et des repères pour mieux comprendre l’islam et le chiisme.
À travers une approche claire, accessible et bienveillante, j’invite chacun à approfondir sa réflexion et à avancer avec discernement sur son chemin spirituel.