Traduction
contre le mal de ce qu’Il créa,
contre le mal qu’il a créé ;
contre le mal des êtres qu’Il a créés,
contre le mal occasionné par les créatures (celles qui sont malhonnêtes obstinées),
contre le mal de ce qu’il a créé,
Récitation du verset
Vidéo du verset
Le tafsir du verset 2 de la sourate Al-Falaq nous apprend que l’être humain doit chercher refuge auprès du Seigneur de l’aube naissante contre tous les maux de la création. Ce verset ordonne de placer sa confiance en Dieu face aux dangers physiques, spirituels, visibles ou invisibles.
Tafsir du verset 2 de la sourate Al-Falaq
Le terme falaq désigne l’action de fendre, comme fendre l’obscurité de l’aube (Sourate Al-An’am, v. 96) ou la graine (Sourate Al-An’am, v. 95). Le mot ghasiq désigne le début de la nuit sombre (Sourate Al-Isra, v. 78).
Ce terme désigne également tout être apportant des ténèbres spirituelles. Comme les malfaiteurs profitent de l’obscurité nocturne pour conspirer et attaquer, nous cherchons refuge auprès de Dieu contre ces dangers physiques et spirituels tapis dans l’ombre.
Le mot naffathat vient de nafth, souffler, et oqad désigne les nœuds. Le mal peut surgir en toute chose. Même les perfections comme le savoir, la charité, le courage ou l’adoration possèdent leurs propres vices nuisibles.
L’orgueil guette ainsi la science, le rappel guette la charité, l’autosatisfaction menace l’adoration, et la tyrannie ou la témérité guettent le courage. Chaque vertu dévoyée produit alors des effets néfastes contre les croyants.
La vulnérabilité repose sur trois facteurs : l’hostilité de l’ennemi, les opportunités sombres et les faiblesses intérieures. L’adversaire cherche constamment ces failles pour frapper au moment opportun, exploitant ainsi le moindre manque de vigilance.
Les rumeurs, l’espionnage et les calomnies illustrent le concept de souffle sur les nœuds. Ils détruisent les liens solides, semant le doute pour diviser les couples, conformément aux avertissements du Coran (Sourate Al-Baqarah, v. 102).
Bien que toute création divine soit initialement bonne (Sourate Al-Sajdah, v. 7), un mauvais usage engendre le mal. Le fer est bénéfique, mais transformé en arme blanche, il devient destructeur. Le mal provient des créatures, non du Créateur.
Se réfugier auprès d’Allah exige des actes concrets au-delà des paroles. La famille du Prophète Muhammad (s) a nourri les pauvres, orphelins et captifs en déclarant craindre le jour du Jugement dernier (Sourate Al-Insan, v. 10).
En agissant de la sorte, Dieu les a préservés du malheur de ce jour terrible (Sourate Al-Insan, v. 11). Ainsi, exprimer verbalement sa crainte ne suffit pas sans y joindre des efforts pratiques sincères.
Un homme se plaignit de sa laideur au Prophète Muhammad (s). Gabriel descendit alors avec le salut divin, lui demandant s’il aimerait ressusciter avec la beauté de l’ange Gabriel (Bihar al-Anwar, vol. 22, p. 140). Rassuré, l’homme s’investit pleinement dans l’adoration.
Le mal absolu n’existe pas dans la création divine. Une chose peut paraître nuisible sous un angle et bénéfique sous un autre. Comme l’explique Rumi, le venin assure la vie du serpent mais s’avère mortel pour l’être humain.
Certaines épreuves favorisent l’évolution spirituelle. Ainsi, le grain de blé enterré produit des épis. Moulu, sa valeur augmente pour devenir un pain nourrissant. Mâché, il se transforme enfin en intelligence, en force physique et en énergie spirituelle.
Le Coran exhorte à bien traiter les épouses (Sourate Al-Nisa, v. 19). Une aversion initiale peut dissimuler d’immenses bienfaits divins. Une épouse au physique modeste peut s’avérer être une excellente mère élevant de remarquables enfants pieux.
Les épreuves amères développent nos capacités latentes, renforcent la patience et soumettent les cœurs à l’humilité envers le Seigneur (Sourate Al-A’raf, v. 94). Ces difficultés purifient l’âme humaine et rapprochent l’individu de son Créateur.
Si la nuit est propice à l’adoration nocturne des pieux croyants (Sourate Al-Imran, v. 113), elle sert également de couverture aux injustes pour fomenter leurs sombres complots, attaques sournoises et complots malveillants.
Tout propos ou geste déstabilisant des relations fraternelles solides correspond au concept de souffle malveillant. Demander la protection du Seigneur implique nécessairement que Dieu accordera Son asile sûr, rendant ce commandement pleinement efficace.
Cette sourate cible particulièrement trois fléaux majeurs : les méfaits cachés dans les ténèbres nocturnes, les propos corrupteurs propageant la calomnie, ainsi que les ravages générés par la jalousie destructrice et la rivalité négative.
Certaines voix douces affaiblissent la détermination des hommes, illustrant le concept de souffle. La sorcellerie représente un autre aspect de cette practice, et son apprentissage comme son usage demeurent strictement interdits en islam.
Bien que l’expression générale englobe tous les méfaits existants, ces trois catégories spécifiques sont mentionnées distinctement dans le texte en raison de leur dangerosité extrême pour la stabilité spirituelle et sociale de la communauté.
Chercher refuge est indispensable face au danger (Sourate Al-Nahl, v. 98) ou pour parfaire sa dévotion. Ainsi, la récitation du Coran commence toujours par une demande de protection divine contre les ruses de Satan le banni.
Dans Al-Falaq, nous invoquons un seul attribut divin contre trois menaces extérieures. À l’inverse, la sourate An-Nas nous enseigne à solliciter trois attributs divins distincts pour surmonter une unique tentation d’ordre intérieur.
Désirer posséder les qualités d’autrui sans souhaiter leur perte constitue une noble émulation spirituelle. Cependant, vouloir détruire les bienfaits des autres définit la jalousie destructrice, révélation flagrante d’un cœur étroit et faible.
Le premier meurtre terrestre et le péché originel d’Iblis proviennent de ce fléau. Une tradition prophétique enseigne d’ailleurs que la jalousie consume la foi du croyant aussi rapidement que le feu dévore le bois sec (Al-Kafi, vol. 2, p. 306).
L’écartement de la noble famille prophétique découle également de la jalousie humaine. Le Coran blâme sévèrement ceux qui jalousent les faveurs accordées par Dieu aux personnes vertueuses et méritantes (Sourate Al-Nisa, v. 54).
La jalousie demeure le pire des vices, car le jaloux échafaude constamment des complots infâmes et commet divers péchés pour dépouiller sa victime de ses bénédictions et de sa respectabilité sociale.
L’imam Ali (a) décrit la jalousie comme une maladie incurable s’achevant uniquement par la mort du jaloux ou de sa victime (Nahj al-Balagha, Hikmah 493). Le jaloux conteste ainsi indirectement la sagesse et la justice du partage divin.
Le jaloux n’offre jamais de conseils sincères et empêche le bien d’atteindre autrui. Le Coran identifie la transgression motivée par l’envie comme la source originelle de nombreuses transgressions humaines à travers les âges.
L’imam al-Sadiq (a) enseigne que l’envie constitue la racine même de la mécréance (Al-Kafi, vol. 8, p. 7). Jadis, les négateurs refusaient de suivre des prophètes humains par pure jalousie (Sourate Al-Taghabun, v. 6).
Incapable de gratitude, le jaloux refuses d’admettre les mérites d’autrui, dissimulant délibérément la vérité. L’imam Ali (a) précise que le jaloux exprime hypocritement son affection verbalement tout en dissimulant sa haine dans ses actes (Ghurar al-Hikam).
La jalousie naît parfois de discriminations injustes ou d’une mauvaise compréhension des situations individuelles. Si les gens comprenaient la sagesse divine régissant la disparité des faveurs octroyées, leur cœur s’apaiserait face à l’abondance d’autrui.
Même les familles prophétiques n’échappent pas à cette épreuve. Dans le foyer du prophète Jacob, la jalousie des frères a conduit à jeter le jeune Joseph dans un puits profond, illustrant la violence du vice.
La jalousie dépasse le plan matériel et cible parfois la foi. Certains mécréants s’efforcent ainsi de ramener les croyants vers l’incrédulité par pure rancœur spirituelle (Sourate Al-Baqarah, v. 109), détestant leur guidée lumineuse.
La jalousie consiste à vouloir détruire les bienfaits d’autrui. Demander des grâces à Dieu n’est pas blâmable. Salomon sollicita un royaume unique (Sourate Sad, v. 35) et l’imam Ali (a) implorait la plus haute proximité divine.
Pour soigner la jalousie, rappelons-nous la brièveté du monde éphémère. Chacun dispose de faveurs uniques. Ces dons découlent d’une sagesse divine infinie, tandis que des possessions plus importantes impliquent inéluctablement des comptes plus stricts.
L’envie demeure vaine et stérile. Dieu ne retire jamais Ses bénédictions à un serviteur simplement parce qu’un jaloux refuse de s’en réjouir. Ce vice ne fait finalement que consumer la paix intérieure de l’envieux.
Message du verset
- L’acte d’implorer la protection d’Allah doit s’exprimer verbalement à travers des formules de refuge précises. Face à l’abondance des dangers et à leur gravité extrême, les prophètes eux-mêmes ont reçu l’ordre divin de s’abriter auprès de Dieu.
- Toute réforme de soi-même ou de la société demeure illusoire sans solliciter l’aide d’Allah. Les maux extérieurs verrouillant la conscience humaine, le croyant doit s’en remettre au Souverain capable de fendre tous ces obstacles majeurs.
- Les invocations doivent adopter une perspective globale englobant l’ensemble de la création divine. Parmi tous les méfaits existants, l’accent est particulièrement mis sur la jalousie destructrice, les divisions orchestrées et les complots ourdis en secret.
- L’ennemi insiste inlassablement en propageant ses rumeurs jusqu’à influencer les esprits et ébranler les convictions profondes. Les insinuations sournoises finissent par affaiblir les fondations les plus fermes des relations familiales et de l’unité sociale.
- Face aux ravages de la jalousie, le seul remède réside dans la recherche d’un asile auprès du Créateur. Bien que ce sentiment puisse effleurer les cœurs, le danger s’active et le péché s’inscrit lors du passage à l’acte.
Liste des Sourates et des Versets
- ✦1. Al-Fatiha
- ✦2. Al-Baqara
- ✦3. Âl ʻImrân
- ✦4. An-Nisâ’
- ✦5. Al-Mâ’ida
- ✦6. Al-Anʻâm
- ✦7. Al-Aʻrâf
- ✦8. Al-Anfâl
- ✦9. At-Tawba
- ✦10. Yûnus
- ✦11. Hûd
- ✦12. Yûsuf
- ✦13. Ar-Ra‘d
- ✦14. Ibrâhîm
- ✦15. Al-Hijr
- ✦16. An-Nahl
- ✦17. Al-Isrâ’
- ✦18. Al-Kahf
- ✦19. Maryam
- ✦20. Tâhâ
- ✦21. Al-Anbîyâ’
- ✦22. Al-Hajj
- ✦23. Al-Mu’minûn
- ✦24. An-Nûr
- ✦25. Al-Furqân
- ✦26. Ash-Shuʻarâ’
- ✦27. An-Naml
- ✦28. Al-Qasas
- ✦29. Al-‘Ankabût
- ✦30. Ar-Rûm
- ✦31. Luqmân
- ✦32. As-Sajda
- ✦33. Al-Ahzâb
- ✦34. Saba’
- ✦35. Fâtir
- ✦36. Yâsîn
- ✦37. As-Sâffât
- ✦38. Sâd
- ✦39. Az-Zumar
- ✦40. Ghâfir
- ✦41. Fussilat
- ✦42. Ash-Shûrâ
- ✦43. Az-Zukhruf
- ✦44. Ad-Dukhân
- ✦45. Al-Jâthîya
- ✦46. Al-Ahqâf
- ✦47. Muhammad
- ✦48. Al-Fath
- ✦49. Al-Hujurât
- ✦50. Qâf
- ✦51. Adh-Dhârîyât
- ✦52. At-Tûr
- ✦53. An-Najm
- ✦54. Al-Qamar
- ✦55. Ar-Rahmân
- ✦56. Al-Wâqi‘a
- ✦57. Al-Hadîd
- ✦58. Al-Mujâdala
- ✦59. Al-Hashr
- ✦60. Al-Mumtahana
- ✦61. As-Saff
- ✦62. Al-Jumu‘a
- ✦63. Al-Munâfiqûn
- ✦64. At-Taghâbun
- ✦65. At-Talâq
- ✦66. At-Tahrîm
- ✦67. Al-Mulk
- ✦68. Al-Qalam
- ✦69. Al-Hâqqa
- ✦70. Al-Ma‘ârij
- ✦71. Nûh
- ✦72. Al-Jinn
- ✦73. Al-Muzzammil
- ✦74. Al-Muddaththir
- ✦75. Al-Qîyâma
- ✦76. Al-Insân
- ✦77. Al-Mursalât
- ✦78. An-Naba’
- ✦79. An-Nâziʻât
- ✦80. ‘Abasa
- ✦81. At-Takwîr
- ✦82. Al-Infitâr
- ✦83. Al-Mutaffifîn
- ✦84. Al-Inshiqâq
- ✦85. Al-Burûj
- ✦86. At-Târiq
- ✦87. Al-A‘lâ
- ✦88. Al-Ghâshîya
- ✦89. Al-Fajr
- ✦90. Al-Balad
- ✦91. Ash-Shams
- ✦92. Al-Layl
- ✦93. Ad-Duhâ
- ✦94. Ash-Sharh
- ✦95. At-Tîn
- ✦96. Al-‘Alaq
- ✦97. Al-Qadr
- ✦98. Al-Bayyina
- ✦99. Az-Zalzala
- ✦100. Al-‘Âdîyâts
- ✦101. Al-Qâri‘a
- ✦102. At-Takâthur
- ✦103. Al-‘Asr
- ✦104. Al-Humaza
- ✦105. Al-Fîl
- ✦106. Quraysh
- ✦107. Al-Mâ‘ûn
- ✦108. Al-Kawthar
- ✦109. Al-Kâfirûn
- ✦110. An-Nasr
- ✦111. Al-Masad
- ✦112. Al-Ikhlâs
- ✦113. Al-Falaq
- ✦114. An-Nâs

✍️ Rédigé par :
Seyed Ali Mousavi ✦
Fort de plus de 16 ans d’études en sciences religieuses et de plus de 10 ans d’échanges avec la communauté francophone, je partage sur Lechiisme.com des connaissances, des réflexions et des repères pour mieux comprendre l’islam et le chiisme.
À travers une approche claire, accessible et bienveillante, j’invite chacun à approfondir sa réflexion et à avancer avec discernement sur son chemin spirituel.