Sourate 103 Al-‘Asr Verset 2 | Tafsir du Coran et traduction

coran-s103-v2

إِنَّ اَلْإِنْسٰانَ لَفِي خُسْرٍ

‘Inna Al-‘Insāna Lafī Khusrin

Traduction

en vérité, l’Homme est en perdition !

Oui, l’homme est en perdition,

L’homme est certes, en perdition,

L’homme [en soi] est en perdition

L’humain est en perdition.

Récitation du verset

Sayed Ali Mousavi

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Seyed Ali Mousavi

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Le tafsir du verset 2 de la sourate Al-Asr propose une critique essentielle de la nature temporelle et de la vulnérabilité humaine face à l’existence. Ce commentaire présente les fondements de la foi et de l’action pour guider le fidèle vers la réussite.

Tafsir du verset 2 de la sourate Al-Asr

À l’avènement de l’Islam, les musulmans récitaient cette sourate lorsqu’ils se séparaient (Tafsir-e Nemouneh et ad-Durr al-Manthur). Cet usage montre l’importance accordée à ses enseignements sur le temps et la préservation de la foi.

Dieu jure par diverses dimensions temporelles dans le Coran, comme l’aube (Sourate Al-Fajr, v. 1), le matin (Sourate At-Takwir, v. 18), le jour (Sourate Al-Layl, v. 2) ou la nuit (Sourate Al-Layl, v. 1).

Il prête aussi serment par la clarté du jour (Sourate Ad-Duha, v. 1), l’aurore (Sourate Al-Muddaththir, v. 33) et l’époque (Sourate Al-Asr, v. 1), bien qu’Il insiste particulièrement sur le moment précieux de l’aube.

Un hadith de l’Imam al-Sadiq (a) indique que ce terme désigne l’époque du soulèvement de l’Imam Al-Mahdi (a) (Tafsir Noor al-Thaqalayn). Cette interprétation lie le serment divin à cet événement historique majeur pour l’humanité entière.

Certains exégètes interprètent ce mot comme l’avènement de l’Islam ou la pression temporelle, qui stimule l’effort humain contre l’insouciance (Tafsir-e Nemouneh). D’autres y voient l’essence de la création, à savoir l’homme parfait, ou la prière de l’après-midi.

Si les pertes matérielles restent surmontables, la déchéance de la condition humaine représente la ruine suprême (Sourate Az-Zumar, v. 15). Perdre sa propre âme équivaut à gaspiller définitivement l’unique opportunité d’atteindre le salut éternel.

Recommander la vérité aux autres peut engendrer des épreuves difficiles à surmonter. C’est pourquoi cette exhortation doit impérativement s’accompagner d’une invitation mutuelle à la patience, garantissant ainsi la fermeté face à l’adversité.

L’exégète Fakhr al-Din al-Razi compare l’être humain à un vendeur de glace (Tafsir al-Kabir). Son capital fond à chaque instant, lui imposant de le troquer rapidement contre de bonnes actions sous peine de tout perdre.

Bien que recommander la vérité et la patience relève des œuvres pies, ces deux devoirs sont mentionnés distinctement en raison de leur portée. La patience fait partie intégrante de la vérité, mais exige une mention particulière.

Le Coran montre que la grâce divine demeure l’unique préservation contre la perdition (Sourate Al-Baqarah, v. 64). Ainsi, la foi, les actions vertueuses et l’exhortation mutuelle découlent directement de la miséricorde du Créateur envers Ses serviteurs.

Sans l’assistance bienveillante de Dieu, l’individu ne peut ni trouver le chemin de la guidance spirituelle pour embrasser la foi, ni acquérir la force nécessaire pour accomplir des œuvres salutaires ici-bas.

Les enseignements coraniques décrivent ce monde comme un immense marché où chaque individu expose nécessairement son existence, ses talents et ses forces. La vente de ces ressources précieuses s’avère totalement inévitable pour tout être.

L’Imam Ali (a) affirme que chaque respiration constitue un pas vers le terme de la vie (Nahj al-Balagha, Sagesse 74). La perte du temps s’impose à nous, rendant crucial le choix de notre acquéreur ultime.

Ceux qui choisissent de négocier avec Dieu consacrent sincèrement leurs ressources à Son agrément. Ils convertissent leur existence éphémère en éternité, acquérant le Paradis. Ces croyants s’imposent comme les véritables gagnants face au Créateur suprême.

Le Seigneur accepte même les plus infimes contributions des croyants (Sourate Az-Zalzalah, v. 7). De plus, Il rétribue généreusement ces efforts modestes par la promesse d’une demeure éternelle au Paradis (Sourate Ali ‘Imran, v. 15).

Dieu accorde Sa récompense à l’intention sincère, même si l’action n’aboutit pas concrètement (Sourate An-Najm, v. 39). L’effort fourni pour accomplir le bien garantit le succès spirituel du fidèle auprès de Son Seigneur.

Le Créateur multiplie grandement les rétributions accordées aux croyants (Sourate Ali ‘Imran, v. 130). Le Coran compare ainsi l’aumône à un grain produisant sept épis, chacun d’eux contenant précisément cent nouveaux grains fertiles.

En revanche, vendre son existence aux passions passagères engendre une perte immense. Le Coran qualifie cette attitude de transaction détestable (Sourate Al-Baqarah, v. 90) et de commerce stérile (Sourate Al-Baqarah, v. 16).

Ces individus égarent leur propre âme (Sourate Al-A’raf, v. 53), subissent une ruine manifeste (Sourate An-Nisa, v. 119) et se retrouvent finalement plongés au cœur d’une perdition totale (Sourate Al-Asr, v. 2).

Pour ces matérialistes, l’habileté consiste à obtenir un confort terrestre et une notoriété sociale par n’importe quel moyen. Quiconque échoue à acquérir ces biens éphémères se voit qualifié de perdant ou de malheureux.

L’éthique islamique définit la véritable intelligence par l’examen de conscience rigoureux et l’action orientée vers l’éternité. Le sage évite l’avarice et l’injustice pour cultiver la piété, le contentement et l’équité quotidienne.

L’Imam al-Hadi (a) enseigne que ce monde terrestre s’apparente à un marché où certains réalisent d’immenses profits spirituels, tandis que d’autres s’exposent à une ruine définitive (Tuhaf al-Uqul, paroles de l’Imam al-Hadi).

Message du verset

  • L’histoire de l’humanité possède une valeur inestimable, comme en témoigne le serment divin par le temps. Les croyants doivent impérativement méditer sur les récits passés pour en tirer des leçons spirituelles utiles.
  • L’être humain se trouve cerné par la perdition de toutes parts dans son existence terrestre. Cette réalité exige une vigilance constante pour préserver son capital temporel contre les tentations destructrices d’ici-bas.
  • L’individu laissé à lui-même, en dehors du cadre éducatif des prophètes, court inévitablement à sa perte. Seule la révélation divine permet de canaliser les passions humaines vers le succès spirituel éternel.
  • La foi sincère alliée aux œuvres vertueuses représente l’unique rempart contre la ruine de l’existence. Ces deux piliers indissociables transforment le temps éphémère de l’homme en un trésor éternellement profitable.
  • Veiller uniquement sur son propre salut s’avère insuffisant pour le croyant. La foi authentique impose de se soucier activement de l’élévation spirituelle d’autrui à travers l’exhortation mutuelle à la vérité.
  • Recommander la patience s’avère aussi indispensable que de conseiller la vérité. Ces deux exhortations mutuelles soutiennent la communauté face aux défis quotidiens et préservent la cohésion morale des fidèles.
  • La foi intérieure précède logiquement l’action visible, tout comme la réforme de soi surpasse la réforme sociétale. L’amélioration collective de la communauté nécessite d’abord une solide purification spirituelle individuelle préalable.
  • L’absence de foi, de bonnes œuvres et d’exhortation mutuelle plonge l’être humain dans une déchéance absolue. L’usage indéterminé du mot traduisant la perte dans le texte sacré souligne la gravité exceptionnelle de cette ruine.
  • L’établissement de la vérité au sein de la société requiert une persévérance inébranlable. Les porteurs du message divin doivent s’armer de patience pour surmonter les obstacles dressés par les opposants au bien.
  • La réforme sociale s’accomplit lorsque chaque citoyen participe activement à la promotion du bien et au rejet du mal. Cette dynamique interactive exige d’offrir des conseils avisés tout en acceptant humblement les critiques.
  • Échapper à la perdition implique la volonté sincère d’accomplir l’ensemble des actions vertueuses possibles. L’usage du pluriel défini dans le texte indique que l’intention englobe toutes les voies du bien existantes.
  • La foi du croyant doit être globale et refuser tout compromis sélectif avec les préceptes sacrés. L’expression générale utilisée dans le verset englobe l’adhésion totale à l’ensemble des vérités révélées par Dieu.

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Le Chiisme - Seyed Ali Mousavi

✍️ Rédigé par :

Seyed Ali Mousavi ✦

Fort de plus de 16 ans d’études en sciences religieuses et de plus de 10 ans d’échanges avec la communauté francophone, je partage sur Lechiisme.com des connaissances, des réflexions et des repères pour mieux comprendre l’islam et le chiisme.
À travers une approche claire, accessible et bienveillante, j’invite chacun à approfondir sa réflexion et à avancer avec discernement sur son chemin spirituel.

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