Sourate 102 At-Takâthur Verset 7 | Tafsir du Coran et traduction

coran-s102-v7

ثُمَّ لَتَرَوُنَّهٰا عَيْنَ اَلْيَقِينِ

Thumma Latarawunnahā `Ayna Al-Yaqīni

Traduction

Encore une fois, certes, vous la verrez avec l’œil de la certitude !

vous la verrez avec l’œil de la certitude,

Puis, vous la verrez certes, avec l’œil de la certitude.

oui, puissiez-vous la voir d’un œil de certitude.

Puis, vous la verrez, avec l’œil de la conviction.

Récitation du verset

Sayed Ali Mousavi

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Le tafsir du verset 7 de la sourate At-Takathur illustre la clarté absolue avec laquelle les coupables feront face à la réalité du feu.

Tafsir du verset 7 de la sourate At-Takathur

Le terme At-Takathur dérive de la racine de l’abondance. Il exprime la rivalité obsessionnelle, la quête effrénée d’accumulation et la fierté déplacée face aux autres par le biais du surplus de richesses matérielles et de descendants.

Le premier aspect est l’accumulation dans l’associationnisme. Le prophète Joseph interrogea ses compagnons de cellule pour savoir s’il valait mieux adorer des divinités multiples et éparpillées ou un Dieu unique et dominateur (Sourate Yusuf, verset 39).

Le deuxième aspect concerne l’alimentation. Les enfants d’Israël refusèrent de patienter avec une seule nourriture. Ils exigèrent une profusion de légumes, de concombres, d’ail, de lentilles et d’oignons (Sourate Al-Baqarah, verset 61).

La troisième dérive réside dans la longévité. Certains désirent vivre mille ans, cherchant à accumuler les jours terrestres. C’est une quête insatiable de temps au détriment de l’au-delà (Sourate Al-Baqarah, verset 96).

La quatrième manifestation concerne la richesse matérielle. Le Coran blâme ceux qui se consacrent exclusivement à amasser des biens et à les compter frénétiquement, pensant que cette accumulation les éternisera (Sourate Al-Humazah, verset 2).

Le cinquième aspect touche au logement. Le Coran critique les constructions orgueilleuses érigées inutilement sur chaque colline, bâtissant des monuments par simple vanité et distraction terrestre (Sourate Ach-Chu’ara, verset 128).

Enfin, la sixième dérive concerne les plaisirs charnels. L’Islam autorise le mariage pour satisfaire les désirs, mais qualifie de transgresseurs ceux qui cherchent l’assouvissement en dehors de ce cadre légitime (Sourate Al-Mu’minun, versets 6 et 7).

Le terme Alhakum provient de la distraction. Il désigne le fait de se préoccuper de choses futiles et dérisoires, ce qui détourne inévitablement l’être humain de ses objectifs spirituels les plus nobles et élevés.

Le mot Zurtum signifie visiter, tandis que Maqabir est le pluriel de tombeau. Deux tribus rivales se disputèrent sur leur nombre respectif. Après avoir compté les vivants, elles allèrent au cimetière dénombrer leurs morts.

L’imam Ali (a), après avoir récité cette sourate, s’étonna de leur attitude dans Nahj al-Balagha. Ibn Abi al-Hadid affirme avoir lu ce sermon plus de mille fois en cinquante ans (Sharh Ibn Abi al-Hadid, vol. 11, p. 153).

L’imam (a) demande si ces gens tirent fierté de la tombe de leurs ancêtres ou s’ils s’enorgueillissent du grand nombre de trépassés. Ces corps sont pourtant décomposés, et ces mouvements autrefois actifs sont désormais immobiles.

L’imam (a) conclut que ces restes humains brisés devraient plutôt inspirer une profonde leçon de sagesse et de réflexion aux vivants, au lieu de servir de prétexte à une vaine gloire et à l’orgueil.

Selon une parole de l’imam Ali (a), la première occurrence de l’expression vous saurez bientôt fait référence au châtiment de la tombe, tandis que la seconde annonce le supplice de l’au-delà (Tafsir al-Kabir de Fakhr al-Din al-Razi).

La certitude est une conviction intime, bien plus profonde que le simple savoir. Si tout le monde sait que les morts sont inoffensifs, seuls les laveurs de morts dorment à leurs côtés sans crainte, car ils ont acquis cette certitude.

Le chemin pour obtenir cette certitude absolue réside dans la pratique rigoureuse et répétée des commandements divins. C’est cette mise en pratique constante qui transforme la connaissance intellectuelle en une conviction profondément ancrée.

D’après les récits prophétiques, les signes distinctifs de la certitude spirituelle sont la confiance totale en Dieu, la soumission entière à Sa volonté, la satisfaction envers Ses décrets et l’abandon de toutes ses affaires (Bihar al-Anwar, vol. 70, p. 138).

La certitude comporte plusieurs niveaux distincts. Deux degrés sont mentionnés dans cette sourate, alors qu’un troisième apparaît dans la sourate Al-Waqi’ah. Ces étapes spirituelles progressives se nomment la science, l’œil et la vérité de la certitude.

Pour illustrer, voir la fumée montre la science de la certitude. Observer directement le feu correspond à l’œil de la certitude. Enfin, toucher la flamme et ressentir sa chaleur vive représente la vérité absolue de la certitude.

La vision de l’enfer évoquée dans le verset désigne soit la contemplation des supplices au Jour de la résurrection, soit une perception spirituelle et dévoilée dès ce monde par l’œil du cœur, cohérente avec la certitude.

Selon les traditions, les bienfaits interrogés au Jour dernier ne concernent pas l’eau et le pain, car il serait indigne de Dieu d’en demander des comptes. Ils désignent la bénédiction de la Wilayah et de la guidance infaillible (Tafsir Noor al-Thaqalayn).

L’imam Al-Rida (a) a confirmé qu’interroger un invité sur la nourriture offerte est jugé mesquin parmi les hommes. Dieu étant le plus généreux, la question portera uniquement sur le don précieux du guide spirituel infaillible (Uyun Akhbar al-Rida, vol. 2, p. 129).

L’accumulation excessive ne se limite pas au nombre d’habitants. Elle s’étend aussi aux richesses financières et au nombre d’enfants (Sourate Al-Hadid, verset 20). Le Coran recommande de ne pas se laisser distraire par ces biens terrestres (Sourate Al-Munafiqun, verset 9).

Le Messager de Dieu (s) a expliqué que l’accumulation blâmable consiste à amasser des richesses de manière illicite, à refuser de s’acquitter des droits financiers obligatoires et à thésauriser égoïstement cet argent dans des coffres (Tafsir Noor al-Thaqalayn).

Un poème attribué à l’imam Ali (a) rappelle que l’homme trompé par de longs espoirs s’occupe de sa vie terrestre. Pourtant, la mort surgit de façon soudaine, et la tombe devient alors le réceptacle de toutes ses actions.

Message du verset

  • La rivalité obsessionnelle pour l’accumulation et la fierté déplacée face aux autres poussent inéluctablement l’être humain vers des actions vaines, le détournant ainsi des véritables priorités spirituelles de son existence.
  • La quête effrénée des richesses mondaines et l’orgueil de la possession constituent le facteur principal de l’insouciance humaine face au jugement dernier et aux comptes requis sur les bienfaits divins accordés.
  • L’égarement lié à la compétition matérielle peut atteindre une telle absurdité que les hommes en viennent à comptabiliser leurs proches décédés dans les cimetières pour prouver leur supériorité numérique.
  • L’ignorance et le manque de conscience concernant les réalités terrifiantes du Jour de la résurrection entraînent inévitablement l’homme sur les voies dangereuses de la déviance et de la perdition.
  • Face aux idéologies erronées et aux comportements déviants de la société, il est indispensable de réitérer fermement les avertissements divins afin de réveiller les consciences endormies par l’illusion.
  • Grâce à une foi authentique et une certitude inébranlable, le croyant devient capable de percevoir par avance les réalités futures et invisibles de l’au-delà, y compris le feu de l’enfer.
  • Dans la culture de l’ignorance, la quantité numérique représente la valeur suprême, au point que ses partisans incluent même les défunts dans leurs calculs pour manifester leur supériorité trompeuse.
  • La course insatiable aux privilèges matériels et la prétention à la supériorité sociale exposent leurs auteurs à un châtiment extrêmement sévère, symbolisé par la vision inévitable de la géhenne.
  • Méditer sérieusement sur l’issue finale de l’existence et sur les conséquences de nos actes dans l’au-delà constitue le meilleur rempart contre la vanité, l’orgueil et l’ostentation terrestre.
  • Il convient de fournir des efforts constants pour acquérir une certitude solide et une connaissance profonde des vérités spirituelles, afin de se préserver efficacement des périls du Jour dernier.
  • Les individus totalement absorbés par les futilités de la vie matérielle ne pourront jamais atteindre le niveau de la certitude absolue, car leur attachement terrestre obscurcit leur vision spirituelle.
  • La foi et la certitude spirituelle ne sont pas statiques mais comportent plusieurs degrés d’élévation, évoluant de la simple connaissance théorique rationnelle jusqu’à la vision intuitive directe de la vérité.
  • Le jugement divin au Jour de la résurrection s’effectuera rigoureusement en fonction des faveurs et des responsabilités que le Seigneur a confiées à chacun, rendant l’examen de compte unique.

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Le Chiisme - Seyed Ali Mousavi

✍️ Rédigé par :

Seyed Ali Mousavi ✦

Fort de plus de 16 ans d’études en sciences religieuses et de plus de 10 ans d’échanges avec la communauté francophone, je partage sur Lechiisme.com des connaissances, des réflexions et des repères pour mieux comprendre l’islam et le chiisme.
À travers une approche claire, accessible et bienveillante, j’invite chacun à approfondir sa réflexion et à avancer avec discernement sur son chemin spirituel.

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