Règles de la sexualité et de l’intimité durant le Ramadan

Le mois de Ramadan est un temps de purification, de discipline et de retour vers Allah, mais il soulève aussi de nombreuses questions pratiques, notamment autour des règles de la sexualité et de l’intimité durant le Ramadan.

Beaucoup de croyants se demandent ce qui est permis ou interdit entre époux, ce qui annule le jeûne et ce qui reste autorisé sans faute. L’islam, apporte des réponses claires, équilibrées et profondément cohérentes avec la spiritualité du jeûne.

Comprendre les règles liées aux relations conjugales pendant le jeûne permet d’éviter les excès, la culpabilité injustifiée ou les erreurs dues à l’ignorance, tout en respectant la sagesse spirituelle du Ramadan.

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L’interdiction des relations sexuelles pendant la journée

En islam chiite, la journée du mois de Ramadan est un temps strictement consacré au jeûne, à la maîtrise des désirs et à l’élévation spirituelle.

Les relations sexuelles pendant cette période ne sont pas considérées comme un simple acte intime, mais comme une rupture directe de l’état de jeûne lorsque l’acte est accompli volontairement et en toute conscience.

C’est pourquoi la jurisprudence islamique a établi des règles précises et sans ambiguïté concernant les rapports conjugaux durant la journée de Ramadan.

I. L’interdiction du rapport sexuel volontaire

Les relations sexuelles (rapport intime complet) entre époux pendant la journée du mois de Ramadan, lorsqu’ils jeûnent tous les deux, sont interdites (ḥarām) si elles sont commises volontairement et consciemment.

Cette interdiction repose sur le fait que le rapport sexuel contredit directement l’objectif du jeûne, qui est la retenue des désirs corporels. Lorsqu’un acte est accompli volontairement, en ayant conscience du jeûne, il constitue une désobéissance claire aux règles du Ramadan, même s’il a lieu entre époux légitimes.

II. L’annulation du jeûne par le rapport intime en journée

Le rapport sexuel pendant la journée de jeûne annule le jeûne.

Contrairement à certaines actions mineures qui peuvent être tolérées, le rapport intime fait partie des actes qui invalident automatiquement le jeûne.

Il ne s’agit pas seulement d’une diminution de la récompense, mais bien d’une rupture juridique du jeûne, nécessitant une réparation religieuse.

III. L’obligation d’expiation (kaffāra) en cas de rapport volontaire

Si le rapport intime est volontaire pendant la journée de Ramadan, le jeûne des deux époux est annulé et chacun d’eux doit accomplir une expiation (kaffāra).

La kaffāra vise à compenser la gravité de la rupture volontaire du jeûne. Elle souligne que l’acte ne relève pas d’une simple erreur, mais d’un manquement conscient à une obligation sacrée.

Chaque époux est responsable individuellement de son acte et de son devoir de réparation.

IV. Le cas où l’un des époux jeûne et l’autre non

Un homme qui ne peut pas jeûner pour une raison légitime n’a pas le droit d’avoir un rapport intime avec son épouse si celle-ci est en train de jeûner.

Même lorsqu’une personne bénéficie d’une dispense légale du jeûne, elle n’a pas le droit d’entraîner son conjoint jeûnant dans un acte qui annulerait son jeûne.

Le respect du jeûne de l’autre devient alors une obligation morale et religieuse, renforçant la responsabilité mutuelle au sein du couple.

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L’impact du rapport intime sur la validité du jeûne

Le jeûne du mois de Ramadan repose sur des actes précis qui, lorsqu’ils sont commis volontairement, affectent directement sa validité.

Parmi ces actes, certains entraînent une annulation immédiate du jeûne, indépendamment de l’intention spirituelle ou du cadre licite dans lequel ils se produisent.

La jurisprudence chiite distingue ainsi clairement entre les comportements tolérés et ceux qui invalident le jeûne.

I. L’annulation du jeûne par l’éjaculation

Toute action qui entraîne l’éjaculation pendant la journée de jeûne annule le jeûne, même en l’absence de rapport sexuel complet.

Ce principe montre que ce n’est pas uniquement le rapport sexuel en lui-même qui annule le jeûne, mais tout acte volontaire menant à l’éjaculation.

Cela inclut certaines pratiques ou comportements qui dépassent la simple interaction affective et franchissent une limite clairement définie par la loi religieuse.

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L’expiation (kaffāra) liée au rapport sexuel volontaire

Lorsque le jeûne est rompu de manière consciente et volontaire par un acte grave, l’islam ne se limite pas à exiger un simple rattrapage.

Il impose également une expiation, destinée à réparer la faute et à rappeler la gravité spirituelle de l’infraction commise durant un temps sacré.

I. La responsabilité individuelle des deux époux

Si le rapport intime est volontaire pendant la journée de Ramadan, le jeûne des deux époux est annulé et chacun d’eux doit accomplir une expiation (kaffāra).

Même si l’acte est partagé, la responsabilité religieuse reste individuelle. Chacun des deux époux répond personnellement de son choix et de sa conscience.

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Le cas des personnes dispensées du jeûne

L’islam reconnaît certaines situations légitimes permettant de ne pas jeûner durant le mois de Ramadan, comme le voyage ou des raisons médicales.

Toutefois, ces dispenses ne signifient pas une liberté totale dans les comportements, notamment en ce qui concerne l’intimité pendant la journée.

I. Le rapport intime déconseillé pour la personne dispensée

Une personne qui est voyageur ou qui a une excuse légale pour ne pas jeûner peut manger et boire, mais il est déconseillé (makrūh) pour elle d’avoir un rapport sexuel pendant la journée du mois de Ramadan et de se rassasier excessivement.

Même lorsqu’une personne est autorisée à rompre le jeûne, il lui est recommandé de préserver la dignité et l’esprit du mois de Ramadan.

Le caractère déconseillé de ces actes vise à maintenir une atmosphère de respect du temps sacré, même en situation de dispense.

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Les limites entre époux pendant le Ramadan

Le Ramadan instaure des limites claires dans la relation conjugale pendant la journée, sans pour autant supprimer toute forme de proximité affective.

L’islam distingue soigneusement entre les gestes permis et ceux qui risquent de conduire à l’annulation du jeûne.

I. Les gestes affectifs autorisés sans annuler le jeûne

Les jeux, plaisanteries et caresses entre époux pendant la journée de Ramadan n’annulent pas le jeûne, tant qu’ils ne conduisent pas à l’éjaculation.

Cette permission montre que l’islam ne prône pas une rupture émotionnelle ou conjugale durant le jeûne.

Toutefois, la responsabilité repose sur les époux eux-mêmes, qui doivent s’assurer que ces gestes restent maîtrisés et ne franchissent pas une limite menant à l’invalidation du jeûne.

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L’éjaculation et ses conséquences sur le jeûne

Dans les règles du jeûne, l’éjaculation occupe une place particulière car elle constitue un critère déterminant dans l’annulation du jeûne lorsqu’elle résulte d’un acte volontaire.

La jurisprudence chiite distingue clairement entre ce qui survient sans intention ni contrôle et ce qui est provoqué par une action consciente durant la journée de Ramadan.

I. L’éjaculation provoquée volontairement

Toute action qui entraîne l’éjaculation pendant la journée de jeûne annule le jeûne, même en l’absence de rapport sexuel complet.

Lorsque l’éjaculation résulte d’un comportement volontaire, le jeûne est considéré comme invalide, car l’objectif de retenue corporelle n’a pas été respecté.

Peu importe que l’acte soit direct ou indirect : c’est le résultat intentionnel qui est pris en compte dans l’évaluation juridique.

Les relations conjugales autorisées durant le Ramadan

Le mois de Ramadan n’abolit pas la vie conjugale, mais en réorganise le cadre temporel. L’islam chiite reconnaît pleinement le droit des époux à l’intimité, à condition que celle-ci respecte les limites fixées par le jeûne et le caractère sacré du mois.

I. Le rapport intime autorisé durant la nuit

Avoir un rapport intime avec son épouse après l’iftār et avant l’adhan du fajr est autorisé et ne pose aucun problème religieux.

La nuit de Ramadan constitue un espace licite pour la relation conjugale, sans restriction particulière. Cette permission souligne l’équilibre de l’islam, qui conjugue exigence spirituelle et respect des besoins naturels, en plaçant chaque acte dans son temps approprié.

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Est-ce qu’on a le droit de faire l’amour pendant le Ramadan ?

Durant la journée de jeûne, c’est-à-dire de l’heure de la prière du fajr jusqu’à l’heure de la prière de maghreb, les rapports sexuels sont interdits et annulent le jeûne.

En revanche, durant la nuit, après l’iftār et avant le fajr, les relations conjugales sont totalement autorisées et ne posent aucun problème religieux.

Est-ce que se toucher les parties intimes annule le jeûne ?

Si le fait de se toucher conduit à un orgasme ou à une pénétration, le jeûne est annulé. En revanche, s’il n’y a qu’une simple excitation sans éjaculation ni rapport sexuel, le jeûne reste valide.

Toutefois, il est déconseillé de provoquer volontairement ce type de stimulation pendant les heures de jeûne afin de préserver l’esprit du Ramadan.

Est-ce que l’excitation annule le jeûne ?

La simple excitation ou le désir n’annulent pas le jeûne. Cependant, il est recommandé de les éviter volontairement, car le Ramadan est un mois de maîtrise de soi et de discipline spirituelle.

Est-il interdit d’embrasser sa femme pendant le Ramadan ?

Embrasser son épouse n’est pas interdit et n’annule pas le jeûne. Toutefois, si cela provoque une excitation pouvant mener à un acte interdit, il est déconseillé de le faire durant la journée.

Pendant la nuit, il n’existe aucune restriction à ce sujet.

Est-ce que bander annule le jeûne pendant le Ramadan ?

Une érection involontaire n’annule pas le jeûne, car elle ne dépend pas toujours de la volonté. Ce qui invalide le jeûne, c’est l’éjaculation provoquée volontairement ou le rapport sexuel.

Le croyant doit donc éviter tout comportement qui entretient volontairement le désir pendant les heures de jeûne.

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Peut-on avoir des relations sexuelles pendant le Ramadan ?

Oui, mais uniquement durant la nuit. Pendant la journée de jeûne, les relations sexuelles sont interdites et invalident le jeûne.

Est-ce que le liquide d’excitation annule le jeûne ?

Si ce liquide ne résulte pas d’un orgasme, le jeûne reste valide. Toutefois, il est déconseillé de se placer volontairement dans des situations qui provoquent l’excitation pendant les heures de jeûne.

Puis-je toucher les parties intimes de mon mari pendant le jeûne ?

Ce n’est pas interdit en soi et cela n’annule pas le jeûne tant qu’il n’y a ni orgasme ni pénétration.

Cependant, si cela entraîne une excitation susceptible de conduire à un acte interdit, il est préférable de s’en abstenir pendant la journée du Ramadan.

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Quel niveau d’intimité est autorisé pendant le jeûne ?

Durant la nuit, toute l’intimité conjugale est permise sans restriction. En journée, il faut éviter la pénétration et l’orgasme.

En dehors de cela, tout ce qui provoque volontairement l’excitation est déconseillé afin de préserver la valeur spirituelle du jeûne.

Où apprendre les préceptes du Ramadan ?

Pour comprendre en profondeur les règles du jeûne, de l’intimité et plus largement les préceptes du Ramadan selon l’école chiite, il est essentiel de s’appuyer sur un enseignement structuré et fiable.

Sur mon institut islamique Razva, je propose des cours de fiqh accessibles en ligne, permettant à chacun d’apprendre à son rythme, selon son niveau, avec des explications claires et fondées sur les sources authentiques du chiisme.

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Conclusion

Le Ramadan est un mois d’élévation spirituelle, mais aussi un temps qui nécessite une bonne compréhension des règles religieuses afin d’éviter les erreurs par ignorance.

Les préceptes liés à la sexualité et à l’intimité ne visent pas à compliquer la vie du croyant, mais à préserver la sagesse et la finalité du jeûne.

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Seyed Ali Mousavi

✍️ Rédigé par :

Seyed Ali Mousavi

Spécialiste en sciences islamiques et chiites depuis 2004, je partage réflexions, savoirs et perspectives sur Le Chiisme.
Avec une plume inspirée et une vision éclairée, j'invite chaque âme à explorer l'islam et à cheminer vers un monde meilleur.

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