Sourate 107 Al-Mâ‘ûn Verset 3 | Tafsir du Coran et traduction

coran-s107-v3

وَ لاٰ يَحُضُّ عَلىٰ طَعٰامِ اَلْمِسْكِينِ

Wa Lā Yaĥuđđu `Alá Ţa`āmi Al-Miskīni

Traduction

qui n’incite pas à nourrir le pauvre.

et qui n’encourage personne à nourrir le pauvre.

et qui n’encourage point à nourrir le pauvre.

n’encourage pas à nourrir le pauvre.

et qui n’exhorte pas à nourrir l’indigent.

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Le tafsir du verset 3 de la sourate Al-Ma’un aborde la question de la charité et du devoir d’entraide sociale. Ce commentaire décrit l’importance d’encourager la communauté à nourrir activement les plus démunis. Il explicite les conséquences désastreuses de l’égoïsme individuel sur la santé spirituelle de la société.

Tafsir du verset 3 de la sourate Al-Ma’un

Ce passage dresse le portrait des personnes insensibles qui rejettent la religion, méprisent les orphelins et refusent d’aider les pauvres. Le terme religion désigne ici le Jour du Jugement dernier, où chacun devra rendre des comptes précis.

Le mot arabe « da » » désigne l’acte de repousser violemment les démunis, tandis que « hadd » évoque l’encouragement mutuel. Le reniement mentionné ici est d’ordre spirituel et intérieur, touchant des croyants négligents et hypocrites dans leurs dévotions.

Le concept de « ma’un » englobe les petits objets du quotidien que les voisins s’empruntent mutuellement. La foi islamique forme un tout cohérent, liant indissociablement la prière rituelle à l’assistance matérielle apportée aux membres les plus vulnérables.

Les enseignements traditionnels soulignent que la négligence dans la prière équivaut à son abandon progressif (Tafsir Noor al-Thaqalayn). L’accomplissement des rites en public ne doit jamais servir des ambitions personnelles ou une quête de reconnaissance sociale.

Refuser de prêter des ustensiles essentiels à ses voisins prive l’individu de la grâce divine lors de la résurrection (Tafsir Kanz al-Daqaiq). Cependant, ce refus devient légitime si les biens sont systématiquement détériorés ou cassés par les emprunteurs (Tafsir Noor al-Thaqalayn).

Celui qui retarde volontairement ses prières s’expose à un châtiment rigoureux (Tafsir Noor al-Thaqalayn). L’expression « ma’un » intègre également les prêts sans intérêt, la charité légale du zakat et tout acte de bienfaisance matérielle envers autrui (Al-Kafi, vol. 3, p. 499).

L’insensibilité humaine atteint son paroxysme lorsque l’on refuse d’agir et d’encourager la communauté à nourrir les pauvres. Ce comportement démontre un manque cruel d’empathie face aux besoins nutritionnels les plus élémentaires des membres de la société.

L’ostentation et la recherche de réputation constituent des fléaux majeurs menaçant la sincérité des croyants. Ces comportements hypocrites se manifestent par des prières paresseuses et des aumônes accomplies avec un profond sentiment de réticence (Surah An-Nisa, v. 142).

Les récits prophétiques décrivent l’hypocrite comme un être à l’apparence pieuse mais au cœur corrompu. Agissant uniquement pour obtenir les louanges des hommes, ses œuvres spirituelles sont rejetées par les anges et renvoyées à leur auteur.

Associer d’autres divinités à Dieu à travers l’ostentation est qualifié d’associationnisme mineur (Mizan al-Hikmah). Le véritable dévot cherche uniquement l’agrément divin, sans attendre de reconnaissance humaine, préservant ainsi la pureté de ses actions quotidiennes (Al-Kafi, vol. 2, p. 297).

La sincérité absolue demeure la condition indispensable pour que l’adoration soit agréée par le Créateur. Consacrer fidèlement ses actes à Dieu durant quarante jours purifie l’esprit et fait jaillir la sagesse du cœur (Jami’ al-Akhbar, p. 94).

Fatima Zahra (s) affirmait que quiconque élève une adoration sincère vers Dieu reçoit en retour Sa meilleure décision. Cette pureté d’intention protège le croyant de l’hypocrisie et guide ses pas vers l’accomplissement du bien commun.

Message du verset

  • Le déni pratique de la résurrection par ceux qui se prétendent croyants est une attitude extrêmement surprenante. Ce comportement suscite de profondes interrogations sur la sincérité réelle de leur engagement spirituel quotidien.
  • Rejeter les orphelins avec dureté brise le lien spirituel et éloigne irrémédiablement l’être humain de la miséricorde divine. La bienveillance envers les vulnérables est le fondement même de la piété authentique.
  • Prendre soin des orphelins et nourrir les pauvres constituent des manifestations évidentes de la foi véritable. Ignorer délibérément ces devoirs sociaux indique une absence totale de croyance sincère en l’au-delà.
  • Il existe une corrélation étroite entre les croyances intérieures et les actions concrètes. Des fautes apparemment mineures, comme repousser un orphelin, révèlent souvent une défaillance spirituelle majeure envers la religion divine.
  • La satisfaction des besoins affectifs des démunis doit impérativement précéder la réponse à leurs besoins physiques. Offrir de l’affection à l’orphelin est prioritaire avant même de nourrir les personnes dans le besoin.
  • Toutes les prières ne possèdent pas la même valeur spirituelle et certains priants n’accéderont pas au salut éternel. Le formalisme vide de sens et dénué de sincérité est sévèrement réprouvé par Dieu.
  • La distraction dans la prière devient condamnable lorsqu’elle résulte d’une négligence volontaire et d’une indifférence coupable. L’attitude nonchalante envers le moment de la rencontre divine expose le croyant à de graves conséquences.
  • Les erreurs involontaires commises durant la prière sont pardonnables et rectifiables. En revanche, l’inattention constante qui mène à l’abandon pur et simple de la pratique cultuelle demeure un péché majeur impardonnable.
  • Le véritable danger spirituel réside dans l’enracinement des mauvaises actions jusqu’à ce qu’elles deviennent une habitude permanente. La répétition constante des péchés scelle progressivement le cœur du croyant contre la vérité.
  • La sincérité absolue constitue la condition indispensable pour la validation et l’acceptation de la prière. L’ostentation détruit la valeur spirituelle des actes d’adoration, les rendant totalement vains auprès du Seigneur.
  • Nourrir les nécessiteux ne relève pas uniquement de la responsabilité des riches. Chaque individu doit activement y contribuer, au moins en encourageant et en incitant son entourage à soutenir les plus démunis.
  • Si l’inattention passagère durant la prière mérite une telle réprobation divine, le châtiment réservé à ceux qui abandonnent définitivement cette obligation spirituelle sera d’une rigueur infiniment plus grande pour l’éternité.
  • L’indifférence égoïste face aux besoins matériels indispensables de la communauté humaine est sévèrement sanctionnée par le Créateur. Le refus de partager les ressources de subsistance constitue une faute éthique majeure.
  • Le service rendu à l’humanité est indissociable de l’accomplissement de la prière rituelle. La dévotion envers Dieu doit obligatoirement se traduire par une action sociale bienveillante et utile envers ses créatures.
  • La négligence des obligations envers le Créateur ouvre inévitablement la voie à l’abandon des devoirs solidaires envers les hommes. L’affaiblissement de la foi tarit la source de la générosité sociale.
  • L’absence totale de préoccupation pour la faim des pauvres trahit un déni profond de la rétribution future (Surah Al-Haqqah, v. 34). La véritable croyance au jugement dernier impose une solidarité active.
  • Le blâme divin vise l’inattention envers l’essence même de la prière et non les erreurs techniques de récitation ou de gestes. Ces dernières, accidentelles, peuvent être facilement compensées par les rites requis.
  • Les personnes qui se détachent de l’amour divin cherchent désespérément à obtenir une position sociale éphémère par l’ostentation. Ce besoin de reconnaissance humaine révèle une détresse et une pauvreté spirituelle profonde.
  • L’avarice maladive caractérise fondamentalement ceux qui réfutent la résurrection. Leur égoïsme les pousse à refuser de prêter les objets domestiques les plus insignifiants, manifestant ainsi la bassesse de leur âme.

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Le Chiisme - Seyed Ali Mousavi

✍️ Rédigé par :

Seyed Ali Mousavi ✦

Fort de plus de 16 ans d’études en sciences religieuses et de plus de 10 ans d’échanges avec la communauté francophone, je partage sur Lechiisme.com des connaissances, des réflexions et des repères pour mieux comprendre l’islam et le chiisme.
À travers une approche claire, accessible et bienveillante, j’invite chacun à approfondir sa réflexion et à avancer avec discernement sur son chemin spirituel.

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