Traduction
Ne lui avons-Nous pas indiqué les deux voies ?
Ne lui avons-nous pas montré les deux voies ?
Ne l’avons-Nous pas guidé aux deux voies.
Ne lui avons-Nous pas montré les deux chemins [du bien et du mal] ?
Ne l’avons-nous pas dirigé vers les deux voies ?
Récitation du verset
Vidéo du verset
Le tafsir du verset 10 de la sourate Al-Balad expose les faveurs divines accordées à l’homme à travers son orientation morale. Cette analyse s’appuie sur la distinction innée du bien et du mal comme preuve de la sagesse divine, invitant chaque croyant à une introspection sincère sur sa propre responsabilité terrestre.
Tafsir du verset 10 de la sourate Al-Balad
Le terme najd désigne un lieu élevé, contrairement à tihamah qui désigne une plaine basse. Selon l’imam Sadiq (a), les deux voies (najdayn) désignent précisément les chemins du bien et du mal (Al-Kafi, vol. 1, p. 163).
Comparer le bien et le mal à des chemins montagneux montre la difficulté de l’effort. Choisir le bien exige de lutter contre les passions, tandis que le mal engendre des conséquences particulièrement douloureuses pour l’âme humaine.
Le mot aqabah désigne un col montagneux étroit et difficile d’accès. Masghabah évoque la faim extrême, maqrabah indique un lien de parenté étroit et matrabah désigne la pauvreté absolue, celle qui pousse l’homme à s’allonger sur la terre.
Un récit rapporte que l’imam Rida (a) partageait toujours les meilleurs aliments de sa table avec les nécessiteux. Il récitait ce verset en expliquant que Dieu offre des alternatives de charité pour ceux qui ne peuvent pas affranchir d’esclave (Tafsir Noor al-Thaqalayn).
Le verset précédent demandait si l’homme pense que personne ne le surveille. Ici, Dieu rappelle la création des yeux. Comment l’être humain peut-il observer le monde tout en s’imaginant que son propre Créateur ne le voit pas ?
Le Créateur a doté l’œil de multiples protections physiques. Il l’a placé dans une orbite osseuse protectrice et l’humidifie constamment avec des larmes salées afin d’empêcher la décomposition de ses tissus graisseux délicats.
Les cils agissent comme des gardiens et les paupières comme un voile protecteur. Les sourcils font office de parasol, tandis que les lignes du front dévient la sueur pour préserver la clarté de la vision humaine.
Cet organe prend quotidiennement des milliers d’images colorées sans nécessiter de réglages complexes. L’existence d’une telle caméra organique, active durant des décennies, démontre de manière évidente la puissance créatrice absolue de Dieu.
L’œil exprime la tendresse, la colère, l’étonnement, le respect, la beauté et l’amour. Il relie l’homme au monde extérieur, tandis que la langue établit le contact social et facilite les échanges scientifiques et culturels.
La mention de deux yeux souligne la perception de la profondeur et des distances. L’œil joue également un rôle clé dans l’identité, car masquer le regard empêche d’identifier un individu de manière fiable et immédiate.
Le regard est la fenêtre de l’âme et du cœur. Il influence directement les désirs intérieurs, car tout ce que l’œil perçoit s’imprime dans l’esprit. Il permet aussi d’établir une connexion profonde entre un enseignant et ses élèves.
La langue et les lèvres collaborent pour articuler les mots. La diversité des langues et des accents illustre la puissance divine. La langue permet également de savourer les aliments et de détecter les saveurs avec précision.
Différentes zones de la langue identifient les saveurs spécifiques. L’hydratation buccale s’adapte constamment aux besoins. De plus, la langue guide les aliments sous les dents sans se blesser et repère les impuretés pour protéger le corps.
Ces organes peuvent servir le bien ou le mal, d’où la présence du libre arbitre accordé par Dieu. Secourir autrui face à la pauvreté ou à l’esclavage est un devoir universel qui dépasse l’appartenance religieuse.
La valeur des œuvres varie selon les circonstances. Nourrir les affamés prend une valeur supérieure en période de famine générale. De même, soutenir un orphelin de sa propre famille constitue une priorité absolue pour le croyant.
Aider les pauvres qui vivent dans le dénuement total est essentiel. Se détacher de ses biens pour soulager la misère humaine s’apparente à franchir un col difficile, ouvrant ainsi la voie vers le salut éternel.
Ces versets possèdent aussi une dimension spirituelle. Libérer un homme peut signifier le sauver de l’enfer par la guidance. Nourrir l’affamé peut désigner l’enseignement spirituel dispensé aux personnes en quête de vérité religieuse.
Un hadith précise que regarder sa nourriture fait référence au savoir que l’on acquiert (Sourate Abasa, verset 24) (Tafsir Atyab al-Bayan). Ainsi, l’alimentation spirituelle doit être surveillée avec la plus grande vigilance par le croyant.
Le Messager de Dieu (s) a expliqué que libérer soi-même un esclave diffère d’apporter une simple contribution financière à son affranchissement. Cette précision souligne l’impact de l’implication personnelle dans les œuvres de bienfaisance (Tafsir Majma’ al-Bayan).
Message du verset
- L’observation attentive et l’étude des créations divines constituent la meilleure voie pour connaître Dieu. Les facultés humaines, telles que la vue, invitent à contempler l’harmonie parfaite de l’univers et à reconnaître le Créateur.
- L’usage de questions pertinentes s’avère essentiel pour éveiller les consciences endormies. Interroger l’homme sur ses propres capacités corporelles le pousse à réfléchir sur l’origine de son existence et ses responsabilités morales.
- Chaque être humain possède la capacité innée de distinguer le bien du mal. Cette connaissance provient de la raison, de la nature originelle ou des enseignements transmis par les prophètes et les savants.
- Accomplir ses devoirs religieux et assumer ses responsabilités morales s’apparentent à franchir un col montagneux difficile. Cet effort constant exige de la détermination pour surmonter les obstacles spirituels et les tentations terrestres.
- Le Coran critique sévèrement les personnes aisées qui refusent d’assumer leurs responsabilités sociales. Fuir l’effort collectif et négliger le soutien aux démunis témoignent d’une faiblesse spirituelle que le texte divin condamne fermement.
- L’être humain ne peut pas saisir pleinement les réalités spirituelles sans les avertissements divins. Les révélations prophétiques guident la conscience humaine et permettent de comprendre la véritable nature des épreuves de cette vie.
- L’affranchissement des esclaves et la libération des captifs figurent parmi les plus grandes œuvres de bienfaisance. L’islam place l’émancipation humaine au sommet des priorités sociales et spirituelles pour purifier l’âme du croyant.
- Les principes généraux ne suffisent pas toujours à guider les actions des croyants. Il convient d’énumérer des exemples concrets, comme nourrir les affamés, pour inciter la communauté à accomplir des œuvres de bienfaisance précises.
- Évoquer explicitement les souffrances humaines permet de stimuler l’empathie et d’éveiller les consciences. Mentionner la faim extrême ou l’isolement social pousse les individus à agir concrètement en faveur des membres les plus vulnérables.
- Rappeler les bienfaits divins accordés à l’homme constitue une excellente méthode pour l’encourager à la charité. Reconnaître les dons corporels pousse naturellement l’individu à partager ses ressources avec les personnes dans le besoin.
- La législation islamique insiste fortement sur la résolution des difficultés matérielles des classes populaires. Le soutien financier aux orphelins et aux sans-abris représente une obligation sociale majeure pour garantir l’équité au sein de la société.
- Les richesses matérielles finissent inévitablement par s’épuiser avec le temps. L’essentiel réside dans la manière de les dépenser, en privilégiant l’affranchissement des opprimés et l’aide alimentaire plutôt que la consommation ostentatoire et inutile.
Liste des Sourates et des Versets
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✍️ Rédigé par :
Seyed Ali Mousavi ✦
Fort de plus de 16 ans d’études en sciences religieuses et de plus de 10 ans d’échanges avec la communauté francophone, je partage sur Lechiisme.com des connaissances, des réflexions et des repères pour mieux comprendre l’islam et le chiisme.
À travers une approche claire, accessible et bienveillante, j’invite chacun à approfondir sa réflexion et à avancer avec discernement sur son chemin spirituel.